La compagnie aérienne à bas coûts Ryanair n'a pas l'intention de se résigner à ce que les pays européens maintiennent leurs compagnies aériennes nationales à flot grâce à des aides d'État. 

C'est ce qu'a écrit Michael O'Leary, patron du groupe aéronautique irlandais, dans une lettre adressée à Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la concurrence. Il menace d'intenter des poursuites judiciaires. Dans son courrier, Michael O'Leary s'oppose au "don arbitraire de milliards d'euros des pays de l'UE à leurs compagnies nationales inefficaces". Il estime que toutes les compagnies aériennes européennes, en ce compris Ryanair, devraient pouvoir bénéficier de prêts garantis par les pays de l'UE et d'"autres avantages". Cela devrait se faire sur la base du volume de trafic aérien qu'ils fournissent dans un pays donné, soutient-il.

Si ce n'est pas le cas, Ryanair ira en justice, prévient Michael O'Leary. Selon le patron, en cas de victoire, l'UE sera "forcée de prendre un virage embarrassant".

La menace de la compagnie aérienne à bas coûts comporte le risque que le soutien aux compagnies aériennes européennes soit retardé. La France et les Pays-Bas sont pratiquement d'accord avec Air France-KLM pour garantir des milliards d'euros de prêts et Lufthansa est en pourparlers avec les gouvernements allemand et belge, notamment concernant Brussels Airlines (où il est question d'une aide de 290 millions d'euros). L'Italie veut, pour sa part, reprendre la compagnie Alitalia en faillite.