Des rumeurs, non confirmées, font état de 2 000 emplois menacés.

Que s’est-il passé au conseil d’administration de Proximus mardi après-midi ? Alors qu’il était toujours en cours, le site internet de L’Echo relayait ceci : “La CGSP (le syndicat socialiste, NdlR) a été informée, en coulisses, que la direction et le conseil d’administration de Proximus souhaitaient réaliser des économies considérables sur le dos du personnel. La CGSP s’y opposera par tous les moyens”.

Puis, un peu plus tard, il était fait état d’une suppression possible de 2 000 emplois, sur les près de 13 300 que compte l’entreprise publique de télécoms.

Ces dires ont été qualifiés de “rumeurs”, de “bruits de couloir” par plusieurs interlocuteurs syndicaux que La Libre a contactés dans la foulée de cette publication. Pour autant, cela ne veut pas dire que ces syndicalistes ne croient pas en la menace d’un nouveau plan social chez Proximus, une entreprise qui a toutefois toujours privilégié les départs volontaires. C’est encore le cas cette année, avec 510 départs de ce type le 1er janvier et 550 autres prévus le 31 décembre.

“Un dossier difficile” à venir

Une source syndicale nous précisait mardi qu’un manager de Proximus aurait fait savoir il y a quelque jours qu’“un dossier difficile” allait arriver dans les quinze jours, soit plus ou moins au moment de la prochaine réunion de la commission paritaire Proximus prévue le 21 janvier, où direction et syndicats se retrouvent et où des annonces à caractère social peuvent être faites.

“On sait que le conseil d’administration évoquait des réductions de coûts supplémentaires à opérer mais nous n’avons pas entendu parler de suppressions d’emplois”, expliquait mardi Jean-Claude Philippon, permanent Proximus du syndicat libre de la fonction publique.

De son côté, Proximus, au terme de ce conseil d’administration, a communiqué de manière laconique : “Le budget pour 2019 et le plan à trois ans ont été discutés et approuvés. Dans ce plan à trois ans, la nouvelle stratégie “#shifttodigital” jouera un rôle de premier plan. Cette stratégie permettra d’accélérer la transformation de Proximus et de préparer l’entreprise aux défis de l’avenir et à l’accélération de la digitalisation”. Et l’entreprise d’ajouter : “Dans ce contexte, il a également été discuté de comment Proximus peut encore optimiser ses coûts afin d’améliorer son efficacité dans un environnement de marché de plus en plus difficile”.

Une communication floue qui laisse évidemment la place à pas mal de supputations possibles. Mettant en avant un marché de plus en plus concurrentiel – avec notamment l’arrivée d’un quatrième opérateur mobile sur le marché belge – et une régulation de plus en plus lourde, Proximus pourrait donc dans les jours à venir clarifier ses intentions sur le plan social. Le 1er mars prochain, Proximus communiquera ses résultats financiers définitifs de 2018. Un moment sans doute propice à la communication de sa feuille de route stratégique. Mais l’inquiétude sociale, qui est montée d’un cran ce mardi, forcera sans doute la direction de Proximus à dévoiler ses plans beaucoup plus rapidement…

Le Premier ministre a décidé de convoquer mercredi la CEO de Proximus, Dominique Leroy, a appris l'agence Belga mardi soir à son cabinet.