Entreprises & Start-up Ce petit robot a été conçu par Citius Engineering et l’ULg.

Il s’appelle Creatis. Il est petit, orange, muet. Il n’a qu’un bras mais il a de bons yeux. Un seul, en fait, mais qui fait de lui une créature intelligente. D’ailleurs, il joue aux dés, au 421. Avec une ventouse, il les attrape puis les fait rouler. Son œil repère ceux qui l’intéressent pour faire un 421 et parfois, ça marche. Quand il gagne, Creatis "hoche la tête" en signe de contentement.

Ce robot pourrait faire son apparition dans des PME à vocation industrielle où il s’occuperait de tâches à faible valeur ajoutée. C’est en tout cas le souhait de l’équipe qui a conçu son intelligence : la société liégeoise Citius Engineering, en collaboration avec l’ULg. "Le concept de l’usine 4.0, connectée, est un passage obligé pour les entreprises qui veulent se développer et faire face à la concurrence, dans le contexte d’une économie globalisée à croissance faible, où la main-d’œuvre est coûteuse, voire en pénurie. Elles doivent se démarquer et innover", estime Grégory Reichling, co-fondateur et CEO de Citius.

Tâches ingrates et chronophages

Avec le projet Creatis, Citius a développé une plateforme de robotique adaptative, une interface homme-machine, simple d’utilisation. "Le robot est équipé d’une caméra, d’un capteur intelligent qui analyse les images. Il est capable d’accomplir des tâches non répétitives (comme du tri, de la manipulation de pièces en vrac), pénibles ou dangereuses, qui sont souvent délocalisées. Elles sont nécessaires mais chronophages et ne rapportent pas grand-chose à l’entreprise", explique Grégory Reichling.

L’automatisation ne serait-elle tout de même pas antinomique de la préservation des emplois humains ? "Non", soutient Fabien Defays, l’autre co-fondateur et CEO de Citius. "L’industrie doit se réinventer. Le personnel des entreprises où nous allons présenter Creatis témoigne d’une inquiétude face à la robotisation mais les PME qui font le pas de l’automatisation grandissent. Nous participons au projet wallon d’économie circulaire (récupération de métaux précieux, NdlR) Reverse Metallurgy et Creatis permet un tri plus fin des métaux. C’est un ajout de valeur."