Michel Genet quitte donc les bureaux de Louvain-la-Neuve pour planter sa tente Chaussée de Haecht à Bruxelles. Même si quitter Crédal est déchirant, il est content de se frotter à de nouvelles réalités à dimension plus politique. "Ce furent huit années excessivement riches et passionnantes! Je suis sans doute plus un socioéconomique qu'un environnementaliste, mais je pense que les enjeux environnementaux sont aujourd'hui tels qu'il faut s'y investir.", dit-il d'un ton débonnaire.

"Je souhaitais travailler dans une entreprise qui représente une valeur ajoutée pour la société en général", rajoute-t-il. La complicité affichée d'avec ses nouveaux collègues confirme bien la bonne humeur d'épouser ses nouvelles fonctions.

DU PLUS PETIT AU PLUS GRAND...

Depuis 1985, des coopérateurs placent leur épargne à Crédal dans une optique de solidarité et d'utilisation transparente de leur argent. Et la coopérative dispose de diverses formules pour mettre ses activités de financements alternatifs au service de tous; entre autres l'octroi de crédits à des entrepreneurs exclus bancaires, à des particuliers ayant des revenus modestes ou à des entreprises d'économie sociale.

Crédal qui a maintenant des fonds propres très solides est devenu un carrefour créateur de nouvelles initiatives sociales comme le crédit social et Affaires de Femmes. Ce n'est que depuis quelques années qu'il fait parler de lui, notamment grâce à sa collaboration avec le Festival Esperanzah! à Floreffe. "Il est vrai que Crédal a souffert d'un manque de visibilité mais tout bientôt une personne chargée de la communication va rejoindre la trentaine d'autres collaborateurs", précise Genet. De quoi répondre aux nombreux défis sociaux par exemple en matière d'intégration des immigrés ou d'égalité des femmes.

UN TAXI POUR UNE NOUVELLE VIE

Pour illustrer cette diversité d'action, voici l'exemple de Ladislas Niwenshuti, taximan et coopérant crédit. Il rêvait depuis longtemps de conduire son propre taxi pour pouvoir mieux gérer son temps de travail ainsi que les autres aspects de ce métier. Cependant, les fonds lui manquaient pour se lancer dans cette aventure. Comme aucune banque n'acceptait de lui faire crédit pour démarrer, il est venu frapper à la porte de Crédal...

"Au début de l'année 2007, j'ai enfin été en mesure d'acheter une voiture et de démarrer mon activité. Cela a de suite bien marché. Maintenant j'envisage déjà d'acheter une seconde voiture. Elle me permettra de transporter des personnes à mobilité réduite... Je vais donc me lancer dans cette nouvelle direction sans pour autant laisser tomber mon activité actuelle. Cela me donnera l'occasion d'engager un chauffeur et ainsi, de créer un emploi!"

AFFAIRES DE FEMMES

A côté de ces activités de financement, le Groupe Crédal a lancé, en 2004, Affaires de Femmes, Femmes d'Affaires (AFFA), une méthode inédite d'accompagnement de femmes qui veulent entreprendre dans le secteur des services, le petit commerce ou l'artisanat et qui désirent se préparer au mieux avant de se lancer. Le programme est actuellement organisé à Bruxelles et à Liège mais pourrait être étendu à d'autres villes wallonnes. En ce qui concerne les résultats proprement dit, au total au cours de 2005 et 2006, un tiers des femmes inscrites à la formation (36 sur 99) ont réalisé leur projet professionnel. Certaines (14) ont acquis le statut d'indépendantes à titre principal ou complémentaire, d'autres (14) ont retrouvé un emploi de salariées. L'objectif semble donc atteint : remettre dans le circuit des gens qui n'y sont plus. Même si le programme n'a que trois ans. Pour savoir ce que deviennent les femmes passant par ce programme à long terme, il faudra encore quelques sessions.

Au vu de la crise financière, Crédal a le vent en poupe et est de plus en plus sollicitée. De quoi ouvrir l'horizon ces prochaines années.