Libre Eco week-end | La start-up de la semaine

"Nous sommes une entreprise belge et pas un gros groupe américain comme le nom peut le laisser penser", lance Laurent Hirtz, CEO de Crewbooking. "Les mots d’ordre du projet sont optimisation et simplification." Chargé de projet vidéo dans l’événementiel, ce jeune entrepreneur a développé, à partir de 2017, un outil destiné aux professionnels du secteur audiovisuel. "Une sorte d’agenda en ligne personnalisable."

La plateforme regroupe un outil de planification où figurent tous les projets communiqués par les employeurs du secteur et où chacun peut afficher ses (in) disponibilités en temps réel. "Non seulement cela permet de ne plus être dérangé lorsque l’on est indisponible, mais ça permet aussi à des freelances partis à l’étranger de signaler leur retour", souligne le CEO. Du côté des entreprises, l’outil permet de faire face à des changements de dernières minutes (comme c’est souvent le cas dans le secteur de la production audiovisuelle).

Le secteur ciblé par Crewbooking a été durement frappé par la crise sanitaire. "Nous sommes passés de 10 000 bookings par mois à zéro !", indique Laurent Hirtz. Paradoxalement, l’entreprise n’a pourtant pas arrêté le travail et a même connu une expansion de ses membres après le confinement. "Jusqu’à 3 000 de plus", chiffre M. Hirtz, dont la start-up compte désormais 7 500 membres et 625 entreprises parmi ses clients. "On retrouve tout aussi bien des grands groupes audiovisuels que des petits studios privés", confie le CEO.

Alors que le secteur de l’événementiel était auparavant l’activité principale de la plateforme, il est désormais remplacé par la télé, "devenue un véritable moteur d’activité." Contrairement au cinéma, tous les tournages d’émissions et de séries télés ont pu reprendre.

Pendant le confinement, la jeune pousse a poursuivi son activité en développant de nouveaux outils, notamment "community". "Une sorte de LinkedIn de niche", résume le CEO. "En créant leur profil, les techniciens peuvent se faire connaître auprès des professionnels du secteur, s’interconnecter et se recommander."

En plus d’un agenda personnalisé, la plateforme permet à la communauté d’avoir une vision d’ensemble sur le travail disponible dans le secteur." On digitalise un secteur qui fonctionne encore à l’ancienne", s’amuse l’entrepreneur.

Proche de ses clients et sensible aux feedbacks qu’elle reçoit, la start-up a pu s’adapter à la situation sanitaire. "Nous travaillons sur une application de tracing qui verra le jour sous forme de QR code", explique Laurent Hirtz. Sur les plateaux de tournage, de nombreuses personnes sont présentes, mais toutes ne se croisent pas. "Cet outil permettra donc de simplifier le tracing sans pour autant mettre à l’arrêt tout un tournage."

Une internationalisation par le bouche-à-oreille

Crewbooking fonctionne avec un modèle "Saas" (Software-as-a-Service"). Deux forfaits sont mis à disposition des entreprises : 29,95 euros pour le service de base et 49,95 euros pour la version personnalisable. Jusqu’à fin 2020, néanmoins, le service est gratuit. "C’est notre pierre à l’édifice face à la crise."

L’équipe de Crewbooking est composée de cinq personnes, toutes issues du secteur de l’audiovisuel (un cameraman, un ingénieur du son, un producteur, un réalisateur et un chef de projet vidéo).

La start-up est active principalement en Belgique et en France, mais également au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie. "Nous comptons des techniciens présents dans 65 pays et des entreprises dans 20 pays différents." Tout ça grâce au bouche-à-oreille.

Ayant démarré sur fonds propres, la start-up a ensuite bénéficié d’un subside de 100 000 euros octroyé par Wallimage avant de lever, en juillet, 250 000 euros via Digital Attraxion (Sambrinvest). "Le prochain objectif est de financer toutes les idées mises sur la table", conclut le CEO.