Les libraires estiment aussi rendre un service essentiel : celui de l'accès à l'information

Parmi les nombreux commerces qui devront fermer leurs portes ce vendredi soir pour ne les rouvrir que lundi matin, les libraires craignent un manque à gagner particulièrement conséquent. Le samedi est souvent leur plus gros jour de la semaine. "C'est effectivement un gros jour pour nous, confie Xavier Delville, le président de Prodipresse. Les clients sont plus nombreux, ils ont plus de temps pour étudier l'offre de magazines et de journaux que l'on propose. Et c'est aussi le jour où les magazines et journaux nous rapportent plus car ils sont plus chers."

S'il dit comprendre que des mesures strictes soient appliquées, ce gérant de librairie liégeois déplore "le grand flou" autour de cette décision. "Que doit-on entendre par magasin d'alimentation ? Les libraires qui proposent des friandises ou boissons ont tous des autorisations de l'Afsca. Doit-on dès lors les considérer comme un magasin d'alimentation ?"

Autre incohérence soulevée par les représentants des libraires : le statut des night-shops. "Eux sont considérés comme des magasins d'alimentation, de première nécessité. Mais tout le monde sait bien qu'ils vendent surtout de l'alcool et du tabac. Pourquoi eux auraient-ils le droit d'ouvrir leurs portes et pas les libraires traditionnels ?"

Autre imprécision dans la décision de l'Etat : celle d'ouvrir uniquement les magasins "essentiels", selon les termes utilisés par la Première ministre Sophie Wilmès. "Dans un moment de crise comme celui-ci, l'accès à l'information est un droit primordial. Les gens doivent savoir ce qu'ils doivent faire et la presse joue un rôle certain là-dedans. Certaines personnes ne sont pas familiarisées à Internet et ne consomment pas d'information en ligne. Leur seul lien avec l'actualité est parfois le journal papier. Il faut pouvoir leur en fournir."

Xavier Delville, par la voie de Prodipresse, a donc introduit une demande de dérogation pour que les libraires puissent tout de même ouvrir leurs portes. "On attend la réponse du fédéral. Et l'arrivée d'une circulaire plus précise sur ce qui pourra ou non être ouvert ce week-end."

Le Centre de crise est formel: les vendeurs de journaux doivent fermer

"Les magasins de journaux ne fournissent pas un service vital et devront dès lors garder portes closes le week-end", a réaffirmé le porte-parole du Centre de crise. "Un kiosque à journaux n'entre pas dans la catégorie des services vitaux et devra rester fermé le week-end".