Le Bureau du Plan aurait-il été légèrement trop optimiste ? C’est le sentiment de Peter Vanden Houte, chief economist chez ING Belgique, qui ne voit rien de très surprenant pour le reste des prévisions.

Prenons les principaux indicateurs.

1- Croissance. En misant sur une croissance en Belgique de 0,2 % en 2013 et 1,2 % pour 2014, le Bureau du Plan est légèrement au-dessus du niveau attendu par la Commission européenne (0 %). "Cela reste dans la fourchette du possible mais c’est plutôt vers le haut" , souligne Peter Vanden Houte. Ces prévisions se font "à politique inchangée. Si le gouvernement prend des mesures additionnelles, il est possible que la croissance soit plus faible que prévu" , note Peter Vanden Houte.La prévision pour la période 2015-2017 est "de nouveau dans le haut de la fourchette" , juge Peter Vanden Houte.

2-Emploi et taux de chômage. Avant toute chose, Peter Vanden Houte regrette que le Bureau du Plan n’utilise pas la méthodologie d’Eurostat (qui ne prend pas en compte des personnes qui ne sont plus sur le marché de l’emploi comme les prépensionnés). Du coup, il obtient des taux de chômage nettement plus élevés que d’habitude (12 % au lieu de 8 %). "Je ne comprends pas pourquoi il ne s’aligne pas sur Eurostat" , souligne M. Vanden Houte. Cette remarque étant faite, l’économiste relève la tendance à la hausse du chômage. Ce qui montre que la création de jobs ne sera pas suffisante pour compenser l’arrivée additionnelle de personnes sur le marché de l’emploi.

3- Finances publiques. Comme pour la croissance, le Bureau du Plan fait des prévisions à politique inchangée et s’attend à un déficit de 3 % en 2014. Ce chiffre montre que si le gouvernement Di Rupo ne fait rien, il n’atteindra pas les objectifs qu’il s’est fixés de revenir largement au-dessous de la barre des 3 %. Et s’il prend des mesures complémentaires, cela va peser sur la croissance, rappelle Peter Vanden Houte. La Commission avait d’ailleurs jugé insuffisantes les mesures structurelles du gouvernement.Pour arriver à descendre bien au-dessous des 3 %, il faudra des efforts du pouvoir fédéral et des Régions. "J’ai l’impression que le gouvernement veut déjà impliquer davantage les Régions", estime Peter Vanden Haute.

4- Dette. Le Bureau du Plan indique une remontée de la dette au-dessus de 100 % du PIB, mais n’a pas pris en compte la vente de Royal Park Investments pour 1 milliard d’euros annoncée fin avril et bien sûr les opérations à venir, fait remarquer Peter Vanden Houte. Ces chiffres-là sont donc sans doute un peu trop pessimistes