Aux termes de cette nouvelle disposition, lorsqu'un producteur a fourni au gouvernement la quantité de viande requise, "il peut abattre un animal pour sa propre consommation ou le vendre", a déclaré le nouveau ministre de l'Agriculture, Ydael Perez Brito, lors d'une émission de débats à la télévision cubaine.

C'est une mesure "inédite" à Cuba, a souligné M. Perez Brito, dont c'était le premier jour en fonctions après sa nomination en remplacement de Gustavo Rodriguez, qui avait quitté son poste mardi.

Le gouvernement cubain a révélé une série de mesures destinées à stimuler la production d'aliments issus de l'agriculture et de l'élevage. Il veut notamment libérer l'activité des producteurs de viande et de lait pour qu'ils puissent commercialiser leur produits dans le pays, affecté par une pénurie de produits alimentaires.

Les éleveurs qui voudront bénéficier de la nouvelle mesure devront d'abord accroître l'importance de leur troupeau pour éviter une diminution de la masse de bétail dont dispose Cuba, a précisé le nouveau ministre de l'Agriculture.

Cuba importe 80 % des produits qu'il consomme

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a communiqué sur ces mesures après avoir discuté mercredi pendant plusieurs heures avec 1.300 producteurs, scientifiques et experts.

"Nous avons approuvé 63 mesures pour renforcer la production d'aliments, 30 sont prioritaires et certaines immédiates", a écrit M. Diaz-Canel sur Twitter.

Cuba traverse actuellement une sévère crise économique provoquée par le durcissement de l'embargo économique des Etats-Unis, par la pandémie de coronavirus et par la chute du tourisme, sa principale source de devises.

Le secteur alimentaire cubain a été durement touché par la faiblesse de la production de l'agriculture et de l'élevage, liée à la difficulté d'importer de l'engrais, des pesticides et des équipements. Cuba importe 80 % des produits alimentaires qu'il consomme et consacre chaque année près de 2 milliards de dollars à ces importations.