DaimlerChrysler, déjà dans le collimateur de la justice américaine pour une affaire de pots-de-vin, est désormais visé par une enquête du gendarme de la Bourse allemande, une mauvaise nouvelle supplémentaire pour l'industrie du pays, ébranlée par une série de scandales de corruption.

Après une vérification de routine, le BaFin, la haute autorité boursière, a ouvert une enquête officielle concernant le constructeur automobile sur des soupçons de manipulation de cours et de délit d'initiés.

Le gendarme boursier veut déterminer si des salariés de DaimlerChrysler ou des tierces personnes, informés en amont de la démission anticipée du patron du groupe Jürgen Schrempp, ont acheté des actions, puis empoché indûment de généreuses plus-values après l'annonce surprise fin juillet de son départ. L'action avait bondi de près de 10pc en une journée.

Le BaFin a ainsi demandé aux banques de lui fournir l'identité des personnes ayant échangé des actions avant l'annonce et à DaimlerChrysler la liste des employés au courant du départ du charismatique patron. Plusieurs hauts responsables avaient aussi saisi cette occasion pour liquider - en toute légalité - de gros paquets de stock-options. Parmi ces dirigeants, figuraient le patron de Mercedes, Eckard Cordes, et le chef de Smart, Ulrich Walker.

Et l'enquête du BaFin a pris de l'ampleur. Depuis cette semaine, l'entreprise est aussi soupçonnée d'avoir enfreint la législation sur la communication boursière en tardant trop pour officialiser la nouvelle du départ de Schrempp, une attitude qui aurait favorisé les spéculations. Ces nouveaux déboires surviennent au plus mauvais moment pour DaimlerChrysler, qui voit ses bénéfices s'effriter depuis de longs mois, en raison des difficultés persistantes de Mercedes. Ils s'ajoutent de surcroît à plusieurs enquêtes parallèles aux Etats-Unis.

Les problèmes judiciaires de DaimlerChrysler viennent compléter une série de scandales en Allemagne (VW, BMW, Commerzbank, Infineon, etc.)

© La Libre Belgique 2005