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Réputé des deux cotés de l’Atlantique pour fournir en châssis la Formule E et l’Indy Cars Series, Dallara est un acteur incontournable de la compétition automobile. Retour sur ce constructeur invisible.

Méconnu du grand public, Dallara est une véritable institution pour tout qui s'intéresse de près à la compétition automobile. Et pour cause, la société fondée en 1972 par le designer Gian Paolo Dallara à Varano de’ Melegari, près de Parme, en Italie, est réputée non seulement pour fournir en châssis la quasi-intégralité des teams de Formule 3 depuis 1993, mais aussi pour avoir imaginé, développé, et produit les châssis de certaines monoplaces de Formule 1. Aujourd’hui, le constructeur continue de s’illustrer en brillant dans d’autres disciplines, comme en Formule E ou en Indy Cars Series, catégories dans lesquelles il peut se targuer de remporter à coup sûr la première marche du podium, l’Italien étant le fournisseur exclusif de ces deux championnats. Et ce n’est pas tout, à la liste déjà bien fournie des disciplines dans lesquelles il participe, il faut encore ajouter l’Indy Lights, le GP2 Series (fournisseur exclusif), le World Series by Renault (fournisseur exclusif), le GP3 Series, et enfin, la Super Formula. Rien que ça!

Motor Valley.

Bref, Dallara est un acteur incontournable du sport automobile. Ce succès, le manufacturier explique le devoir, d’une part, aux positions stratégiques qu’occupent ses différents sites. En Italie d’abord où le constructeur a élu domicile au sein de la «Motor Valley», véritable place to be automobile qui regroupe, entre Parme et San Marin, quelques-uns des blasons les plus prestigieux de la planète, Lamborghini, Pagani, Ferrari, et Maserati y ayant leur QG. De l’autre côté de l’Atlantique ensuite, où le constructeur italien a bâti un centre d'ingénierie et de divertissement, dans lequel le visiteur peut notamment en apprendre davantage sur la fabrication des monoplaces. Le bâtiment est situé à Speedway, un petit village de l’Indiana qui a la particularité d’accueillir chaque année depuis 1911, les 500 miles d’Indianapolis. D’autre part, le second élément qui explique le succès de la firme italienne est sa volonté de toujours rester à la pointe de la technologie. Pour cela, le fabricant de châssis n’a pas hésité à mettre la main au portefeuille pour se payer le meilleur simulateur de conduite du monde (il n’en existerait que trois sur la planète). La bête, une sorte de Playstation version XXL, offre la possibilité aux pilotes de conduire virtuellement toutes les monocoques présentes au catalogue Dallara, mais aussi celles qui n’y sont pas encore.

De la piste à la route.

Cela dit, s’il brille de mille feux dans l’univers du sport automobile, Dallara est également connu pour épauler les plus grands constructeurs de voitures de tourisme à l’heure où ces derniers imaginent, conçoivent, et développent leurs créations. Il a par exemple participé à la mise au point du châssis de la KTM X-Bow, des Alfa Romeo 4C et 8C, ou encore des incroyables Bugatti Veyron et Chiron. Et ce palmarès ne serait que la partie visible de l’iceberg, puisque le constructeur avoue également faire de la consultance pour d’autres grands noms automobiles. Et, selon des bruits de couloir, la firme d’Emilia-Romagna ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Effectivement, Dallara préparerait une sportive que les rumeurs décrivent comme sans «concession à l’embonpoint» (le poids n’excéderait pas les 850 kg). Prévu pour 2017, le coupé deux places devrait accoupler un châssis-carbone à un moteur d’origine FCA de 300 ch. Produite à une centaine d’exemplaires par an seulement, elle devrait s‘échanger contre la somme de 80.000 euros. Sans doute aussi performante qu’une Lotus Elise ou que la prochaine Alpine, la Dallara de tourisme devrait jouer à armes égales avec sa cousine, l’Alfa Romeo 4C.