Trouver un distributeur de billets devient de plus en plus facile en Belgique. Depuis février, les grandes banques ont ouvert leurs «self-banks» (les guichets automatiques situés dans l'entrée des agences) à tous les clients, quel que soit leur banquier. À présent, voici que fleurissent des distributeurs de billets hors agences bancaires. Ces nouveaux appareils sont implantés dans des lieux très fréquentés tels les gares, les centres commerciaux, les parcs d'attraction, etc. Derrière le mur, aucune agence. Ce ne sont «que» des machines. Ce type d'ATM («automatic teller machine») permet de retirer de l'argent ainsi que de charger le porte-monnaie électronique Proton.

Les grandes banques belges ont l'intention d'installer davantage d'automates de ce type. Fortis en possède déjà huit, notamment au parc d'attraction Plopsaland à La Panne, à la gare de Bruxelles-Midi, à l'aéroport de Charleroi et à Walibi. Le bancassureur entend placer 34 nouveaux «cash points», comme il les appelle, avant la fin de l'année. La KBC a installé un de ces ATM dans le Limbourg, au centre commercial Maasmechelen Village Outlet Shopping et en a placé un autre au Heysel. «Plusieurs autres projets seront concrétisés cet automne», précise une porte-parole de la banque. ING compte quant à elle installer une cinquantaine d'appareils hors agence d'ici la fin de l'année. La banque en a déjà implanté quelques-uns, notamment au Waasland Shopping Center (à Saint-Nicolas), à Gand et à Courtrai. Enfin, Dexia négocie actuellement avec des partenaires en vue d'installer des ATM sur des sites non-bancaires. La tendance s'inverse donc: voici à peine un an, on se plaignait du manque de points de retrait d'argent. «Pourtant, la Belgique était déjà bien équipée», assure Anne Demelenne, de l'Association belge des banques. «En 2004, on comptait dans notre pays 1 266 distributeurs de billets par million d'habitants, contre 703 en France, 637 en Allemagne et 909 en Grande-Bretagne, selon des chiffres de la Banque centrale européenne.»

Aussi une question d'argent

Pourquoi alors un tel engouement des banques pour les distributeurs de billets «solitaires»? «C'est important pour notre visibilité», explique un porte-parole de Fortis. «Quand les voyageurs du Thalys ou de l'Eurostar arrivent à Bruxelles-Midi, le premier distributeur sur lequel ils tombent est le nôtre. En termes d'image, c'est un atout indéniable.» Pour choisir où placer ces ATM, les banques cherchent donc un lieu de forte fréquentation. «Nous vérifions aussi s'il n'y a pas d'autre appareil dans un certain périmètre et évaluons l'aspect sécuritaire: le client peut-il retirer de l'argent sans crainte à cet endroit?», précise une porte-parole d'ING.

La prolifération des ATM hors agence s'explique aussi par les accords de tarification entre banques. Un distributeur coûte 25 000 euros, auxquels il faut ajouter 20 000 euros pour la sécurisation, l'entretien, la surveillance, etc. Les banques ont conclu des accords pour répartir cette charge. Concrètement, chaque transaction d'un client de la banque A sur un distributeur de la banque B est comptabilisée et, à intervalles réguliers, B facture à A le coût de ces transactions, après compensation éventuelle avec les transactions effectuées par les clients de B chez la banque A. Actuellement, le tarif est de 0,70 euro par transaction. Ce coût vaut jusqu'à la fin de l'année. Les banques doivent négocier un nouveau tarif pour 2007.

A ce compte-là, et vu que les distributeurs hors agence sont surtout utilisés par des clients d'autres banques que celle qui a installé l'ATM, le calcul est vite fait: les distributeurs «solitaires» coûtent moins cher que les autres...

© La Libre Belgique 2006