Pour son édition 2006 qui débute ce mercredi et durera jusqu'à dimanche, le Forum économique mondial de Davos entend se recentrer sur sa vocation première, l'économie, après des sessions où la politique et les stars d'Hollywood avaient occupé le devant de la scène.

Parmi les 2340 invités de marque réunis dans cette station de sports d'hiver de l'est de la Suisse, on comptera une quinzaine seulement de chefs d'Etat ou de gouvernement, dont la chancelière allemande Angela Merkel qui ouvrira les travaux. Aucun responsable gouvernemental américain de premier plan n'est annoncé. Israéliens et Palestiniens seront aussi largement absents. Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ne participera ni au WEF ni à son pendant altermondialiste, le Forum social mondial (FSM) à Caracas.

Pas une menace, une chance

On attend par contre à Davos 735 dirigeants d'entreprises parmi les plus importantes dont Richard Branson (Virgin), Bill Gates (Microsoft), Michael Dell (Dell), Peter Brabeck (Nestlé), Daniel Vasella (Novartis). « Le Forum économique mondial essaie de ne pas se mêler de sujets trop politisés», explique son fondateur Klaus Schwab, qui estime qu'il ne doit pas se transformer non plus en « conférence pour le développement Nord-Sud». Une allusion à l'édition 2005, où certains chefs d'entreprise n'avaient guère apprécié de se voir voler la vedette, et prêcher la charité, par des stars comme Sharon Stone ou Bono.

Klaus Schwab cite comme thème principal cette année la montée en puissance de la Chine et de l'Inde, considérée « non pas comme une menace mais comme une chance». Le vice-Premier ministre chinois Zeng Peiyan, responsable du plan quinquennal chinois, sera à Davos, de même que le gouverneur de la banque centrale Zhou Xiaochuan. L'Inde sera représentée par son ministre du commerce Kamal Nath.

Celui-ci se joindra, en marge du Forum, à une trentaine d'autres ministres de pays membres de l'Organisation mondiale du commerce qui s'efforceront de donner suite à la conférence de Hong Kong de décembre sur la libéralisation des échanges mondiaux.

Un autre grand thème sera la sécurité des approvisionnements en pétrole et en gaz, en présence du Nigérian Edmund Daukoru, président pour 2006 de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et du ministre koweïtien de l'Energie Ahmed Fahd al-Sabah.

Au cours d'un débat sur l'énergie seront examinées les réponses possibles à un scénario catastrophe: des attaques terroristes contre des pipelines et des raffineries font grimper le baril à plus de 120 dollars....

Côté diplomatie, on s'attend à ce que les ambitions nucléaires de l'Iran soient évoquées par les ministres des Affaires étrangères allemand et britannique ainsi que par Mohamed ElBaradei, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique.

© La Libre Belgique 2006