Le groupe pharmaceutique et de produits d'hygiène Johnson & Johnson a annoncé vendredi le rappel de 33.000 bouteilles de talc aux Etats-Unis suite à la détection de traces d'amiante, alors même que l'entreprise répète depuis plusieurs années que ses produits en sont totalement dépourvus.

A Wall Street la sanction a été immédiate: son action chutait vers 20h30 de 5,5%.

La société souligne dans un communiqué avoir engagé ce rappel "par excès de précaution (...) suite à un test mené par l'agence américaine du médicament (FDA) montrant la présence de niveaux infimes de contamination par l'amiante chrysotile (pas plus de 0,00002%) dans des échantillons provenant d'une bouteille achetée en ligne".

Or Johnson & Johnson, qui fait face depuis plusieurs années à plusieurs milliers de procès accusant son talc d'être à l'origine de cancers, a toujours affirmé que ses produits ne contenaient pas d'amiante.

L'entreprise a toutefois déjà été condamnée à plusieurs reprises, à verser par exemple en juillet 2018 4,7 milliards de dollars de dommages et intérêts à un groupe de 22 femmes affirmant avoir développé un cancer de l'ovaire suite à l'utilisation du talc dans la toilette intime.

Principalement vendu aux Etats-Unis par Johnson & Johnson comme de la "poudre pour bébé" dans un flacon en plastique blanc, le produit est aussi utilisé par les adultes pour contenir la transpiration et prévenir les irritations.

L'entreprise a précisé vendredi avoir lancé une enquête pour vérifier l'intégrité de la bouteille testée par la FDA et la validité des contrôles menés par l'agence.

Johnson & Johnson fait face à de nombreux autres fronts judiciaires, notamment pour son rôle dans la crise des opiacés.