Les éditeurs de journaux ne seront bientôt plus seuls dans leur combat face à Google News, le portail d'information de Google. D'ici vendredi, trois sociétés de droits d'auteur devraient se joindre à la plainte de Copiepresse - l'association qui rassemble les éditeurs de presse francophones et germanophones - dans le cadre d'une action en intervention volontaire. Il s'agit de la Sofam, qui défend les droits des photographes de presse, de la SAJ (la Société de droit d'auteur des journalistes) et de la SCAM (la Société civile des auteurs multimédia).

"En utilisant des oeuvres sans l'obtention d'une autorisation préalable, Google crée un tort aux éditeurs et aux auteurs", explique Alain Guillaume, le directeur de la SAJ. "C'est pour cette raison que nous sommes en train d'examiner les voies à suivre pour défendre les intérêts des auteurs. Parallèlement au dossier que nous devrions déposer d'ici vendredi, nous avons également pris contact avec Google pour leur demander un certain nombre d'explications". Et Alain Guillaume de préciser que les auteurs demandent avant tout que "les infractions cessent". Ce n'est qu'ensuite qu'il "faudra envisager les voies de la réparation", dit-il.

"Nous n'avons pas l'intention de nous opposer au droit d'informer ni aux pratiques correctes et habituelles du Net, mais Google fait aujourd'hui des choses avec nos textes qui ne sont pas normales, notamment en les conservant en cache", explique-t-il.

Copiepresse à Paris

Par ailleurs, les éditeurs belges francophones pourraient également être rejoints dans leur combat par certains éditeurs français, dont on sait qu'ils suivent avec grand intérêt ce qui se passe de ce côté-ci de la frontière. En coulisses, on parle notamment du "Nouvel Observateur". "Ce vendredi, je me rends effectivement à Paris à la demande d'un certain nombre d'éditeurs français de presse quotidienne et magazine pour leur faire une présentation de notre action devant la justice belge", explique Margaret Boribon, la secrétaire générale de Copiepresse. "J'espère bien revenir de Paris avec quelques documents complétés par ces éditeurs". Du côté de Copiepresse, on se réjouit clairement de voir l'action faire boule-de-neige.

A noter que Google a introduit une nouvelle demande de suspension d'astreinte, qui sera jugée le 10 octobre prochain. Contrairement à ce qu'elle affirmait jusqu'ici, la société californienne fait valoir désormais qu'il lui est techniquement impossible de retirer tous les articles des éditeurs belges de ses sites. Or, pour rappel, elle a été condamnée par la justice à payer 1 million d'euros par jour si elle ne retire pas ces articles. La facture risque d'être salée.

© La Libre Belgique 2006