Deux villes symboles d’un glorieux passé économique et industriel, dans ses formes les plus classiques, ont été choisies pour ouvrir et fermer la Semaine de la créativité 2016, incarnation, elle, de la mutation de l’économie wallonne. La soirée de clôture se déroulera à Charleroi le samedi 23 avril et c’est Liège qui accueillera ce dimanche l’événement de lancement, une conférence interactive sur un thème qui renvoie directement au cœur du sujet : "Wallonie, terre de start-up".

La Wallonie mise en effet beaucoup et depuis plusieurs années sur l’économie créative. Créativité et économie sont toujours allées de pair mais il faut sans cesse se renouveler. "La créativité, c’est penser une entreprise autrement. L’économie s’est toujours transformée mais aujourd’hui, avec le numérique, on bascule vers autre chose , explique David Valentiny, directeur d’Engine, la structure chargée de la mise en œuvre des objectifs du programme-cadre Creative Wallonia . On remonte le fil : l’économie se développe sur la base de l’innovation, qui trouve sa source dans la créativité, les idées. Et pour passer de la créativité (qui est une posture) à l’innovation, on déploie des outils, des méthodes comme les accélérateurs de start-up" , poursuit-il.

La Semaine de la créativité est à la fois une vitrine pour les outils de la créativité, comme le numérique et ses multiples déclinaisons, mais c’est aussi l’occasion de favoriser l’émergence de projets d’entreprise, de faire percoler l’idée du bien-fondé de l’innovation dans le tissu économique, de créer des liens entre créateurs et entrepreneurs, de réfléchir à de nouveaux modèles économiques.

Sept jours, sept villes

Du 17 au 23 avril, dans sept villes wallonnes (Liège, Tournai, Namur, Louvain-la-Neuve, Poix-Saint-Hubert, Mons et Charleroi), des dizaines d’animations, ateliers, conférences seront proposées gratuitement, tant aux adultes qu’aux enfants.

On pourra apprendre à piloter un drone, voir comment fonctionne une imprimante 3D alimentaire, fabriquer des jouets, une fusée, un robot ou des objets design à partir de matériaux de récupération, repenser ensemble l’agriculture, l’énergie et l’éducation…

Mais au-delà de l’aspect ludique de l’événement, les enjeux sont réels. "On a choisi cette année le thème : "Make Wallonia", afin d’asseoir le fait que les idées, c’est important mais que c’est leur implémentation qui feront la différence. L’objectif est de toucher le grand public avec ces innovations, de dire aux gens que la créativité, c’est l’affaire de tous et d’expliquer son rôle dans l’économie" , indique le directeur d’Engine.

Un changement de culture

Quel impact peut avoir un événement comme la Semaine de la créativité ? "Une évaluation a été faite en 2014. Les premières éditions avaient touché 700 entreprises et des milliers de personnes. On remarque un changement de culture au sein de l’entrepreneuriat wallon. Plusieurs centaines d’emplois ont été maintenus ou créés grâce à la créativité. Lors de la première édition, en 2010, on a dû faire venir des gens de l’étranger pour parler de créativité. Aujourd’hui, on n’en a plus besoin, on a des start-up" , signale David Valentiny.I.L.

Programme et inscriptions pour les animations : www.creativewallonia.be