Le tribunal de commerce de Paris a reporté mardi au 2 août sa décision de placer ou non la société Eurotunnel sous protection de la justice. Cette procédure de sauvegarde a été demandée il y a deux semaines par le PDG d'Eurotunnel, Jacques Gounon, après un nouvel échec des négociations entre le groupe franco-britannique et ses créanciers en vue de renégocier sa dette de 9,1 milliards d'euros.

"Cette décision offre une nouvelle chance aux négociateurs", a commenté Me Jean Veil, avocat d'Eurotunnel, précisant que ce renvoi avait été justifié par "la complexité du dossier". Un report qui donne donc aux créanciers un délai supplémentaire pour poursuivre les discussions sur la restructuration de la dette d'Eurotunnel.

Le groupe a précisé dans un communiqué qu'il allait verser ce mardi 114 millions d'euros d'intérêts afin d'éviter une situation de défaut de paiement. Le solde des versements à effectuer d'ici le 31 décembre 2006 au titre de la dette s'élève à 109 millions d'euros, ajoute Eurotunnel.

Si aucun accord n'est trouvé entre les créanciers seniors, les porteurs d'obligations et les actionnaires d'Eurotunnel sur la restructuration de la dette du groupe, l'opérateur du tunnel sous la Manche se trouvera à court de liquidités et ne pourra plus faire face à ses échéances en février 2007.

Les négociations tripartites entre le groupe, ses créanciers seniors et les porteurs d'obligations se sont achevées le 12 juillet sans qu'aucun accord n'ait été trouvé. L'un des principaux sujets de discorde est la part du capital du groupe qui reviendra aux différentes parties à l'issue de la restructuration.

Le renvoi décidé mardi par le tribunal de commerce donne seulement huit jours de plus aux créanciers seniors et aux porteurs d'obligations pour trouver un terrain d'entente. Les deux parties avaient cependant prévu de continuer à négocier même si la procédure de sauvegarde avait été accordée, d'après des sources proches du dossier.