Visiblement, les libéraux du parlement wallon ne sont pas près de laisser tranquille à Philippe Henry (Ecolo), ministre régional de la Mobilité et de l’Aménagement du territoire. La dernière sortie revient à la députée wallonne Christine Defraigne (MR), qui lui reproche de ne pas trop s’occuper des transports publics wallons (SRWT/Tec) et de l’aménagement du territoire. Elle saisit l’occasion de la sortie vendredi des dirigeants de la SRWT (société faîtière des Tec wallons) qui ont annoncé les prévisions catastrophiques pour le groupe à l’horizon 2011 pour fustiger l’inaction du ministre Ecolo. "Il y a quelques jours, son homologue du Budget, André Antoine (CDH), lui pique les 27 millions d’euros de plus-value réalisés suite à la vente des parts de la SRWT dans Eurobus Holding et il dit encore merci. Il soutient que le gouvernement les rendra à la société par annuité et avec intérêts, mais il est incapable de dire à quel taux. Je trouve qu’il est d’une naïveté incroyable, il croit encore au Père Noël. Pendant ce temps, les Tec wallons plongent dans l’abîme et ont besoin d’argent", fustige Christine Defraigne (photo). Elle estime que le ministre Henry est le maillon faible de l’attelage gouvernemental wallon. "Une chaîne n’a jamais que la solidité de son maillon faible. C’est un type charmant, pondéré et modéré, mais on est tenté de se demander s’il est vraiment à sa place ; chaque fois qu’on lui pose une question, il répond qu’il va étudier la question", martèle la bouillante députée libérale.

Elle connaît bien le sujet pour avoir été, pendant six ans (2002-2008), la présidente des Tec Liège Verviers, l’une des cinq sociétés régionales d’exploitations chapeautées par la SRWT. L’administrateur général de la "Wallonne du transport", Jean-Marc Vandenbroucke, a annoncé vendredi que le groupe Tec doit encore trouver 8,6 millions d’euros d’économies pour équilibrer ses comptes en 2011. Et c’est en tenant compte d’une hausse moyenne des tarifs de 6 % qu’il évalue les économies supplémentaires à 8,6 millions d’euros. Sans compter la suppression de certaines lignes de bus. "En un an, les tarifs vont augmenter de près de 8 %, alors que, dans le même temps, on réduit considérablement l’offre. Les victimes de cette politique seront les zones rurales, qui sont déjà mal desservies actuellement. Par ailleurs, il y aura des suppressions d’emplois et la fin des heures supplémentaires. Quand on sait comment le climat social est difficile aux Tec, il y a là les ingrédients d’un soulèvement social. Pour un ministre Ecolo qui doit normalement défendre les Tec, son attitude est consternante. Il n’aurait pas dû laisser filer les 27 millions", fustige Christine Defraigne. Elle redoute un retard dans le dossier du tram à Liège. "On n’a pas encore la première ligne du partenariat-public-privé prévu pour ce projet de 500 millions d’euros, alors qu’on annonçait le PPP pour la fin de l’année", décoche-t-elle.

Elle flingue également le projet d’évaluation du Code wallon de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, du patrimoine et de l’énergie (Cwatupe). "Le code a été modifié seize fois et on annonce l’évaluation pour fin 2011. D’ici-là, que vont faire les auteurs de projets ? Le coût initial de l’évaluation est estimé à 800 000 € ; aujourd’hui, on est passé à 1,3 million. Il n’y a pas de vision dans l’action de ce gouvernement, il marche sur la tête", conclut Christine Defraigne.