Déjà l'après-Sabena (6/6)
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Déjà l'après-Sabena (6/6)

Vincent Slits

Publié le - Mis à jour le

Peu après 21 heures, la nouvelle est officielle: la Sabena est en faillite. L’émotion est énorme pour le personnel qui assure le dernier vol en provenance de Cotonou. Des milliers de Sabéniens se réunissent à Bruxelles-National où l’on chante et danse pour éviter de pleurer. Le management lui est aux abonnés absents, les services de sécurité de la Sabena et la gendarmerie ayant donné la consigne de ne pas se montrer. Quant aux syndicats, ils négocient jour et nuit au cabinet Onkelinx. “La Belgique nous a abandonnés”, lâche un pilote les larmes aux yeux.

Mais la soirée n’est pas terminée. Car il faut préparer l’après Sabena : le lancement sur les cendres de la compagnie belge d’une nouvelle activité aérienne au départ donc de la DAT, ex-filiale régionale. Entre 23H00 et 23H45 se déroule une réunion au Lambermont, la résidence du Premier ministre : Philippe Wilmes, administrateur, informe les participants à cette réunion que les ministres Didier Reynders et Rik Daems ont plus tôt dans l’après-midi donné instruction de verser la somme de 36,57 millions d’euros (issu du prêt de 125 millions d’euros versé par l’Etat à la Sabena) au cabinet d’avocat qui défend les intérêts de l’IATA.

La manoeuvre vise à sécuriser le transfert des droits de trafic et du code SN à la DAT, condition à l’exploitation d’une nouvelle compagnie. Mais la demande du gouvernement à l’IATA remonte au 3 novembre. Le conseil d’administration a été mis sur la touche et n’a plus qu’a avaliser après coup les décisions après minuit... De 23H45 à 0H15, Didier Reynders informe les acteurs qu’un pool d’investisseurs a promis son concours à la relance d’une nouvelle compagnie qui reçoit plus de 88 millions d’euros, solde du crédit versé par l’Etat dans le but... de sauver la Sabena.

Rideau sur plus de 75 ans d’histoire d'une compagnie mythique.

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