Pierre-Olivier Beckers a participé à sa dernière Assemblée générale en tant que CEO de Delhaize. Visiblement ému, il a été chaleureusement applaudi à deux reprises par une grande partie de l’assemblée. La première fois après les remerciements du président du Conseil d’administration. Mats Jansson a salué le développement qu’a connu Delhaize sous le règne du CEO. "En quinze ans, le chiffre d’affaires du groupe est passé de 12,9 à 22,77 milliards d’euros, a-t-il précisé. Pierre-Olivier Beckers a été l’artisan du développement de Delhaize à l’international. Actuellement, 30 % des enseignes du groupe sont localisées dans les marchés en croissance, contre 5 % à son arrivée. Aujourd’hui, 14 % de nos revenus proviennent de ces régions".

"Le bon moment de partir"

Pierre-Olivier Beckers a été applaudi une seconde fois après sa propre intervention. Au cours de celle-ci, il est revenu sur les raisons de son départ surprise après quinze années passées à la tête du groupe de distribution. "C’était le bon moment de quitter mes fonctions, a-t-il expliqué. La croissance et la stabilité sont revenues".

On n’en saura cependant pas plus sur les rumeurs faisant état de l’arrivée d’un patron américain ou d’un déménagement du centre décisionnel vers les USA. "C’est normal qu’il y ait des rumeurs quand un événement de la sorte arrive dans une entreprise, a-t-il déclaré dans une entrevue avec les journalistes. Mais ceux qui pensent que le groupe va se scinder ont tort".

Pierre-Olivier Beckers a rappelé qu’il participerait à la recherche du bon candidat. "Le deadline n’est pas encore fixé. L’Investor Day pourrait avoir lieu avant la désignation de mon successeur", a-t-il précisé.

Erik Geenen, le célèbre actionnaire à la casquette verte, s’est étonné du timing de l’annonce du départ du CEO. "Il aurait fallu déjà connaître le nom du successeur pour ne pas ouvrir une période de vacance", a-t-il reproché à la direction. Mais selon Pierre-Olivier Beckers, il est plutôt louche d’annoncer un départ et une succession en même temps. "Il faut s’interroger sur les entreprises qui agissent de la sorte, a-t-il précisé. Cela signifie qu’un certain nombre d’informations sensibles ne sont pas communiquées aux marchés pendant une période assez étendue".

Interrogé sur son avenir, le futur jeune retraité ne sait pas encore de quoi il sera fait. "Pour le moment, c’est business as usual, je me donne à 120 % pour le groupe, a-t-il ajouté. Je n’ai pas encore eu le temps de me demander ce que je ferai après. J’ai un hobby très important avec la présidence du COIB. Pour le reste, on verra à la fin de l’année".

Le dividende réduit de 20 %

En ce qui concerne l’Assemblée générale, tous les points ont été adoptés à une large majorité par les actionnaires. Le dividende est donc raboté de 20 % à 1,40 euro brut. Un actionnaire s’est demandé si cela annonçait un changement dans la politique de dividende. Pierre-Olivier Beckers s’est défendu en expliquant que le versement du dividende ne devait pas hypothéquer la croissance future de l’entreprise.

Par ailleurs, le CEO a expliqué que Delhaize pourrait céder deux enseignes aux Etats-Unis si leurs performances n’étaient pas à la hauteur des attentes. C’est la banque Lazard qui étudie le dossier pour évaluer la situation.