Tout est bien qui finit bien. Après un premier semestre décevant, le groupe Delhaize a terminé l'année 2005 en beauté aux Etats-Unis, où il réalise 75pc de ses ventes. Ses performances américaines lui ont permis d'engranger un bénéfice net en croissance de 23,4pc à 364 millions d'euros. «En 2005, nous avons enregistré une accélération de la croissance du chiffre d'affaires pour la 3e année consécutive, tout en maintenant nos marges d'exploitation à un niveau élevé», s'est félicité Pierre-Olivier Beckers, le président du Comité exécutif du groupe, mercredi.

Le chiffre d'affaires a, quant à lui, gagné 4,2pc pour atteindre 18,63 milliards. Et son résultat d'exploitation a crû de 4pc à 898 millions. Le dividende est lui aussi en hausse de 7,1pc à 0,90 euro.

Outre-Atlantique, où l'impact du dollar a été positif pour la première fois depuis quelques années, la reprise de l'économie et les initiatives commerciales du groupe belge (investissements dans les prix et le marketing et nouveaux concepts de magasins) ont permis à Delhaize d'accroître son chiffre d'affaires (+4,4pc à 13,3 milliards d'euros) et sa marge bénéficiaire (de 5,3 à 5,4pc).

C'est en Belgique, son marché domestique, que Delhaize a peiné le plus. Le chiffre d'affaires des magasins Delhaize, AD Delhaize, City, Proxy, Di et Tom & Co a diminué - à périmètre comparable - de 1,1pc à 4 milliards. Si l'on tient compte de l'acquisition de Cash Fresh (les 43 supermarchés implantés dans le nord-est seront convertis à l'enseigne Delhaize cette année), la croissance est de 3,9pc. Sa part de marché s'est effritée, passant en un an de 25,7 à 25,5pc. En cause? «Une conjoncture économique difficile, un environnement très compétitif», a expliqué M. Beckers.

Malgré cela, les perspectives sont bonnes pour 2006. Delhaize prévoit d'ouvrir 96 magasins, dont 38 en Belgique pour atteindre les 2732 points de vente dans le monde. Il table sur un bénéfice net en hausse de 8 à 12pc et un chiffre d'affaires en progrès de 4 à 5pc.

Le patron de Delhaize est d'autant plus serein que sa trésorerie s'améliore: son ratio dette nette sur fonds propres a été ramené à 81,4pc (125pc fin 2002), bien en dessous de la moyenne du secteur. Le groupe a donc plus de moyens financiers pour investir (770 millions prévus en 2006) et procéder à des acquisitions. «Nous cherchons des acquisitions pour compléter notre maillage dans les marchés où nous sommes déjà présents ou qui en sont proches», a précisé M. Beckers. Au vu de sa trésorerie, le groupe pourrait aussi s'attaquer à une grosse acquisition. «Mais on ne le fera pas pour le plaisir d'accroître notre chiffre d'affaires mais si cela apporte une dimension réellement stratégique pour le groupe.»

© La Libre Belgique 2006