Ahold est prêt à accepter que Bruxelles accueille le quartier général du groupe encore à former avec Delhaize. Les Belges pourront également choisir l’administrateur délégué, indique lundi le quotidien néerlandais “Het Financieele Dagblad”. Ces promesses démontrent, selon le quotidien, que les deux parties ont franchi la semaine dernière une étape importante, qui donne les contours d’une fusion.

Il y aurait un accord sur le modèle organisationnel, la répartition des sièges et la localisation du nouveau quartier général.

La structure consisterait en une société holding avec une société subholding européenne et américaine. Delhaize choisirait l’administrateur délégué de la holding et celui d’une division américaine. Ahold choisirait le directeur financier et l’administrateur délégué de la subholding européenne.

Fusion à égalité

L’application de cette structure constitue le plus gros obstacle. Delhaize exige une fusion sur base égalitaire, car toute autre combinaison est considérée comme une reprise. Ahold a néanmoins une valeur boursière environ deux fois plus élevée.

Deux importants actionnaires de Ahold, Centaurus et Paulson ne sont pas enclins à une fusion par échange d’actions. Ils veulent une offre au comptant ou mieux une scission de l’entreprise.

“No comment”

Voilà pour les informations du quotidien néerlandais manifestement bien tuyauté. Qu’en dit le groupe belge ? Delhaize ne fera pas de commentaire sur les rumeurs persistantes faisant état d’une éventuelle fusion avec le groupe néerlandais de distribution Ahold, a fait savoir un porte-parole à l’agence Belga. Le silence radio était également total du côté de Ahold.

Quant aux analystes, ils restent sceptiques quant à une éventuelle fusion. “Il semble qu’une opération simple entre les deux entreprises soit des plus improbables. Par contre, un accord plus complexe peut être négocié”, a ainsi estimé Pascale Nachtergaele, de Delta Lloyd Securities.

Même sentiment à la Banque Degroof. “Une fusion me semble toujours aussi improbable mais le journal néerlandais dispose peut-être de sources privilégiées pour affirmer un tel scénario”, commente François Van Leeuw, l’analyste qui suit l’action Delhaize. Certes, rappelle-t-il, les deux groupes sont assez complémentaires géographiquement aussi bien aux Etats-Unis (sur la côte Est, Ahold est actif dans le nord et Delhaize au centre et dans le sud) qu’en Europe (la Tchéquie est le seul marché où les deux distributeurs sont tous deux présents). Mais aux yeux de l’analyste, le plus gros obstacle demeure le financement d’une telle opération. “Comment Delhaize, qui a une capitalisation boursière deux fois inférieure à celle d’Ahold peut-il se payer son concurrent néerlandais ? “.

En attendant, selon Fernand de Boer, analyste chez Petercam Nederlands, “pour le moment, il n’y pas de fusion, on ne fait que s’interroger sur les scénarios. Un rapprochement aurait du sens, puisqu’il créerait le premier groupe de distribution du Benelux, sans parler de la présence de Ahold dans d’autres pays européens, et de la grande complémentarité géographique des deux groupes aux Etats-Unis”. Que doit penser l’investisseur ? “Il doit attendre et voir”, conclut Fernant de Boer en rappelant qu’une opération de ce type aura des effets… à long terme.