Avancée

Evénement annuel chez Deloitte Belgique, avec le traditionnel "Tax Forum" qui permet de faire le point sur la situation de notre pays en matière de fiscalité. Pourtant, cette année, il n’y a de grande nouveauté, hors les éclats de voix des politiques à propos des opportunités fiscales dont ont bénéficié de grosses entreprises.

Pour André Claeys, "Tax Partner" chez Deloitte Belgique, il n’y a effectivement que peu de nouveautés à signaler. "Sauf que comme l’an passé, pas mal d’entreprises présentes ont signalé leur intention de délocaliser certaines activités hors du pays, ce qui témoigne de la persistance d’un climat pesant sur ces dernières. Evidemment, on peut évoquer le principe d’une délocalisation Mais passer à l’acte n’est pas tout à fait aussi simple."

Bref, il y a là un message dont la fermeté a évolué d’une année sur l’autre, dans le bon sens, puisqu’entre-temps, la crise de l’euro a fait place à une période de stabilité au moins temporaire.

"C’est que le dernier exercice budgétaire n’a pas été très douloureux, du fait d’un saupoudrage de mesures, impliquant une perception moins aiguë de la fiscalité du point de vue des entreprises. Et puis, on note que le mode de taxation des voitures de société est finalement bien passé. Mais sur le fond, l’inquiétude subsiste en raison de l’absence de stratégie fiscale. Encore une fois, on comprend bien évidemment que l’équipe gouvernementale en place a été forcée de travailler dans l’urgence, en reportant sciemment toute réflexion en profondeur sur les objectifs de la fiscalité. Mais il est temps de réfléchir à cela. Et en l’occurrence, nous avons eu la chance de bénéficier pour cet événement de la présence du ministre des Finances Steven Vanackere, et celui-ci s’est montré tout à fait disposé à mettre en place un groupe de travail sur la question d’une approche stratégique de la fiscalité, de repenser l’impôt en général dans cet esprit. Bien entendu, cela ne se fera pas demain : le ministre a estimé que le processus de remise à plat de la fiscalité s’inscrirait dans un calendrier postérieur aux prochaines élections de 2014. Par ailleurs, il semble, au travers des discussions que nous avons tenues, qu’il serait judicieux de penser l’impôt différemment en Belgique, sans simplement s’aligner sur la moyenne européenne."

Les spécialistes de Deloitte plaident pour une stabilité fiscale propre à apaiser le sentiment d’inquiétude dans le chef des filiales belges de multinationales. "Si on décide demain de supprimer les intérêts notionnels sans intégrer cela dans un processus global, ce serait évidemment un cas problématique pour ces entreprises Nous sommes demandeurs à cet égard d’une discipline de communication de la part des politiques."