Le Premier ministre belge Yves Leterme juge qu'il serait "irrationnel" de demander à son pays de faire appel au Fonds de stabilisation européen mis en place pour aider les pays membres de la zone euro en difficultés financières, dans un entretien publié jeudi par La Tribune.

Interrogé sur un possible recours de son pays à l'aide européenne, M. Leterme est ferme: "Non, je ne crois pas", assure-t-il. "En tout cas, ce serait sur une base irrationnelle. Mais la question ne se pose pas et je ne souhaite pas répondre à des questions hypothétiques", ajoute-t-il aussitôt.

Et de poursuivre: "aujourd'hui, nous avons la plus petite croissance d'endettement de la zone euro, faisant mieux que les objectifs promis aux instances européennes. Il n'y a donc aucune raison pour que la Belgique soit perçue comme elle est perçue par certains acteurs de marché". La Belgique, dont la dette publique avoisine 100% de son produit intérieur brut (PIB), a vu l'écart de rendement entre ses emprunts et ceux de l'Allemagne, considérée comme la référence, se creuser récemment.

Les marchés financiers redoutent que ses finances publiques ne se dégradent davantage en l'absence d'un nouveau gouvernement sept mois après les élections. Interrogé sur le débat ouvert en Europe sur une éventuelle augmentation du Fonds de stabilisation européen (FESF) dans le cas où le Portugal ou d'autres pays jugés peu solides auraient besoin d'une assistance financière, M. Leterme assure que l'Europe "défendra l'euro quoi qu'il faille faire".

"Nous sommes capables et prêts, dans un effort de solidarité, à mettre l'argent qu'il faudra" dans le FESF, affirme-t-il. "Ce qui est important, c'est que tous les dirigeants européens soient prêts à démontrer la solidarité qu'il faut pour convaincre les marchés", ajoute-t-il.