C’est un sacré pavé que Proximus a déposé sur la table du gouvernement fédéral. D’après plusieurs sources contactées jeudi par “La Libre”, le groupe de télécommunications – dont l’Etat est toujours l’actionnaire majoritaire (53,5 %) – souhaiterait accélérer le départ à la retraite de son personnel âgé de plus de 58 ans. L’objectif ? Alléger sa masse salariale et, de ce fait, renforcer sa compétitivité au sein d’un secteur des télécoms sous forte pression en Europe. “Ce n’est encore, à ce stade, qu’un débat”, s’empresse-t-on toutefois de nous préciser. Politiquement, le dossier est délicat. Le gouvernement Michel risque en effet d’avoir toutes les peines du monde à se mettre d’accord sur pareil scénario, dans la mesure où il irait à l’encontre de la politique poursuivie depuis un an en matière de retraite.

La formule avancée prendrait la forme non pas d’un plan de départs anticipés à la retraite, mais bien de “congés préalables”. Moins onéreuse pour l’entreprise et l’Etat, elle toucherait potentiellement un millier d’employés. Proximus emploie quelque 14 000 personnes (équivalents temps plein); ce plan concernerait donc pas moins de 7 % du personnel.

Selon quelles modalités financières ? Mystère. Sollicité, Alexander De Croo (Open VLD), ministre en charge des Télécoms, n’a pas donné suite à nos demandes d’explication. Mais, une fois encore, on imagine mal le gouvernement approuver une telle mesure alors qu’il vient de faire passer l’âge légal de la retraite de 65 à 67 ans. Il en va, selon lui, de la viabilité du premier pilier des pensions. Selon nos informations, la N-VA aurait d’ailleurs déjà opposé une fin de non-recevoir à cette demande de Proximus relayée par M.De Croo.

Du côté de Proximus, précisément, on reste évasif. On ne confirme, ni n’infirme nos informations. “Nous examinons régulièrement des scénarios destinés à maîtriser nos coûts salariaux, indique Haroun Fenaux, porte-parole du groupe. Et le jour où Proximus aura une proposition concrète à faire en ce sens, nous en discuterons en priorité avec les partenaires sociaux.”

Depuis son arrivée à la tête de Proximus, Dominique Leroy répète régulièrement que les coûts salariaux de l’entreprise sont, en proportion des revenus, trop élevés en comparaison avec les autres sociétés actives dans le secteur des télécoms en Europe. La volonté est donc bien de réduire l’écart. Comment et à quel rythme ? That’s the question…