L’enjeu du siècle n’est pas seulement la "transition écologique de notre économie". Là-dessus, tous les partis sont d’accord. Promouvoir une économie plus verte, concilier croissance et environnement, profit et nature, c’est devenu une banalité au centre-droit comme au centre-gauche.

Ce discours est déjà démodé, parce qu’il n’atteint pas le cœur du problème. Ce qui choque de plus en plus de citoyens, c’est le gaspillage (souvent peu visible) de vies humaines. Un travailleur n’est pas une ressource. Le personnel n’est pas là pour servir la capitalisation d’une entreprise; c’est à l’entreprise de promouvoir le développement humain de son personnel. Une ville ou une région, non plus, n’est pas une ressource.

Les communautés locales ne sont pas là pour "attirer des investisseurs"; c’est aux investisseurs de promouvoir le développement social et culturel des localités où ils s’implantent. A quoi bon créer des emplois "verts" et "non délocalisables" si les travailleurs peuvent être achetés et revendus comme une simple matière première ? Il faut que nos emplois soient ancrés dans un tissu économique local réellement résilient.

La logique globalisée du capitalisme, elle, fragilise sans cesse davantage nos entreprises. Il faudra aller bien plus profond qu’une transition écologique. Nous avons besoin d’une véritable transition économique. Le capital doit servir la convivialité; l’argent ne doit pas se multiplier à l’infini à nos dépens.

Donc, sortons progressivement du capitalisme et imposons de nouveaux critères collectifs de mesure de la valeur. Les maîtres mots de notre avenir sont : déglobalisation, démocratie économique, économie sociale et solidaire, production sans productivisme, capital sans capitalisme.