Des Chevrolet seront-elles assemblées dans l'usine Opel d'Anvers, porte ouverte à un avenir moins sombre pour le personnel sous le coup de la restructuration annoncée la semaine passée ? Des réunions sont prévues ces mardi et mercredi entre les syndicats et la direction européenne de General Motors, la maison-mère d'Opel, autour de la question centrale de l'après 2010 pour la fabrique belge. Et, à cette heure, les syndicats qui ont obtenu la garantie écrite que l'usine ne fermera pas n'ont pas baissé les bras.

La confirmation était tombée la semaine passée : quelque 1 400 emplois disparaîtront du site qui en compte 5 100, d'ici la fin de l'été. GM a décidé de ne plus confier au site anversois au-delà de 2010 la production de la nouvelle génération d'Opel Astra, modèle qu'elle fabrique à ce jour. Après, la nouvelle Astra sortira des chaînes de quatre autres usines, en Allemagne, en Suède, en Pologne et en Angleterre.

Qu'adviendra-t-il de l'usine belge ? C'est toute la question à laquelle l'assemblage des Chevrolet pourrait apporter une réponse moins négative. C'est du moins ce que semblaient penser les syndicats qui, depuis le début de cette nouvelle crise, avaient adopté une attitude résolument constructive.

L'éventualité que les Chevrolet soient assemblées dans un autre site européen tient la route. La plupart des Chevrolet vendues en Europe de l'Ouest viennent actuellement de Corée du Sud. Il s'agit de Daewoo "rebadgées" Chevrolet en 2005, lors du rachat de Daewoo par GM. Seule exception : en Russie, où les ventes ont augmenté de 128 pc au premier trimestre, un site assemble le SUV Captiva. Or, non seulement Chevrolet a la cote en Europe, mais GM envisagerait un effort d'image pour tourner la page Daewoo auquel pourrait contribuer un site européen. A Anvers ou ailleurs ? Un article de l'hebdo allemand "Automobilwoche" selon lequel l'usine GM d'Anvers entrerait en concurrence dans ce dossier avec une usine Daewoo à Craiova fait réagir les syndicats.

Aucun sens !

"GM avait l'intention d'acheter une usine là-bas, mais comme Anvers reste ouverte, cela n'a plus aucun sens d'aller acheter une fabrique en Roumanie , a indiqué Rudi Kennes, délégué syndical de la FGTB et vice-président du conseil d'entreprise européen à l'agence Belga, lundi. Je me suis entretenu avec le président du conseil d'entreprise européen de GM, Klaus Franz - NdlR : dont les propos étaient à la base de l'article du magazine allemand. Et il m'a dit qu'il avait été mal compris. Il insiste : En tant que membres du conseil d'entreprise, nous nous opposons à toute recherche de capacité supplémentaire." Et d'ajouter que "la fabrique anversoise compte toute une série d'avantages auxquels ne peut prétendre une fabrique en Europe de l'Est : des coûts d'investissements plus bas et un avantage logistique de 500 euros par voiture sur la Roumanie".

Luc van Grinsven, secrétaire principal de la CSC Métal, se montre moins tranché. "On attend des informations. Je ne suis pas sûr du tout que le dossier de l'usine roumaine soit bouclé."