Ca négocie ferme, chez KBC. Des clients de la division "banque privée" du groupe belge se voient proposer des transactions pour régler le litige qui les oppose à KBC. Selon le quotidien "De Tijd" de jeudi, certains clients ont reçu une proposition d’échange de leurs produits structurés ou d’une part de ceux-ci contre des bons de caisse ou des comptes à terme de KBC. La banque ne dément pas l’information, se contentant de répéter qu’elle traite les dossiers un par un, "chaque cas étant différent".

L’affaire remonte à l’année dernière. En pleine crise financière, KBC avait dû acter des dépréciations sur ses portefeuilles de CDO ("collateralized debt obligations", soit des obligations adossées à des créances), produits structurés composés d’actifs financiers "toxiques". Mais auparavant, la banque avait distribué de tels produits financiers à certains gros clients, des entreprises ou des particuliers fortunés relevant du "private banking". Le problème, c’est que ces placements avaient été présentés comme des investissements sûrs et à haut rendement. Leur soudaine dépréciation a donc provoqué un profond mécontentement parmi la clientèle.

Depuis plusieurs semaines, des rumeurs laissent entendre que KBC négocie avec des clients pour parvenir à une solution. La banque veut éviter de nombreux recours en justice, coûteux sur le plan financier et au point de vue de l’image de marque. En acceptant de transiger, les clients auraient l’avantage de recevoir tout de suite un dédommagement, fût-il inférieur à la valeur nominale de leur investissement, au lieu de se lancer dans une procédure judiciaire par définition coûteuse et incertaine. Un "tiens" vaut mieux que deux "tu l’auras"

Selon "De Tijd", KBC proposerait à des clients concernés un échange de leurs CDO contre des placements vraiment sans risque, à savoir des bons de caisse et des comptes à terme. Mais dans certains cas, l’offre de la banque ne couvrirait que 40 % de la valeur nominale de l’investissement original, selon le quotidien, qui ajoute par ailleurs que les tractations avec Deminor, qui réunit plusieurs clients lésés, devraient aboutir avant septembre.

De tractations, il n’en est par contre pas question pour les clients de l’avocat Mischaël Modrikamen qui représente également plusieurs clients de KBC lésés dans cette affaire. Olivier Bonhivers, avocat au cabinet Modrikamen, nous a confirmé jeudi qu’une mise en demeure serait adressée à KBC dans les prochains jours. Chez le bancassureur, l’été sera long.