Le taux de chômage a enfin commencé à diminuer en 2006. C'est ce qui ressort des chiffres publiés cette semaine par la Banque nationale de Belgique (BNB). Toutefois, si le nombre de demandeurs d'emplois inoccupés a baissé de 8 000 unités l'an dernier, cela ne suffit pas à combler le déficit de travailleurs, toujours plus élevé en Belgique.

Selon une récente enquête du magazine financier "Bizz", les plus gros employeurs du pays annoncent environ 12 000 postes vacants cette année. Parmi les entreprises qui engagent, il y a notamment celles du secteur des TIC (Technologies de l'information et de la communication). Agoria annonçait en mai dernier que 13 260 postes étaient à pourvoir dans ce secteur. Mais la demande devrait largement dépasser ces chiffres qui ne concernent que des postes d'employés et de cadres. "Dans les 10 prochaines années, pas moins de 12 000 techniciens seront recherchés à Bruxelles", indiquait récemment Dominique Michel, secrétaire général d'Agoria.

Globalement, l'an dernier, le nombre d'emplois créés dans notre pays a augmenté davantage que les années précédentes. En 2006, "quelque 46 000 postes de travail supplémentaires ont été créés en Belgique, soit un nombre supérieur à celui enregistré en 2005, ce qui constitue la plus vive augmentation depuis 2001", souligne la BNB dans son rapport 2006 sur l'évolution économique et financière du pays. Sur ces 46 000 postes, 8 000 sont le fait de travailleurs indépendants et 38 000 émanent des secteurs public et privé.

Taux d'emploi faible

Le problème, c'est que le taux d'emploi, qui mesure la proportion de personnes occupées parmi celles qui sont en âge de travailler, reste faible par rapport à la moyenne européenne. Il était de 60,9 pc en 2006, alors que la moyenne européenne atteint 63,8 pc (1). Pourquoi ce taux ne décolle pas alors que l'on crée de l'emploi et même que l'on en crée de plus en plus ? L'une des réponses, c'est le vieillissement de la population. Il pèse de plus en plus sur l'offre de travail. Selon la Direction générale Statistique du Service public fédéral Economie et le Bureau fédéral du plan, la population en âge de travailler, qui, pour l'instant, augmente au fil des ans, va diminuer à partir de 2010. En termes absolus, elle devrait diminuer d'au total près de 600 000 unités à l'horizon 2050. Et en ce moment, on constate déjà certains effets du vieillissement. La tranche d'âge des personnes âgées de 55 à 64 ans occupe de plus en plus de place dans la population en âge de travailler. En 2006, les plus âgés représentaient déjà 17 pc de cette population. Cette proportion devrait gonfler jusqu'à 22 pc environ en 2020, selon les prévisions du Bureau fédéral du plan. Or, comme dans cette tranche d'âge, le taux d'emploi est le plus faible, on peut s'attendre à une réduction de l'offre d'emploi.

Comment y remédier ? "Une contribution importante peut difficilement être attendue des 25-49 ans, dont le taux d'emploi se situe déjà à un niveau élevé" et même supérieur à la moyenne de l'Union européenne, estime la Banque nationale. "Un soutien significatif à la hausse du taux d'emploi doit, dès lors, surtout être recherché chez les 50 ans et plus." Reste à voir si une prolongation de la carrière des quinquas suffirait à elle seule à combler le manque de main-d'oeuvre.

(1) Chiffre de l'année 2005, communiqué par Eurostat le 11 septembre 2006.

© La Libre Belgique 2007