Libre Eco week-end | La start-up de la semaine

L’histoire retiendra que Good Move, start-up fondée en 2016 par deux jeunes étudiants en gestion à l’Université de Namur, a failli passer à la trappe en avril 2020 (pour cause de premier confinement) et que la jeune pousse namuroise a entamé une deuxième vie, quelques semaines plus tard, dans la cave de l’un des deux fondateurs.

Pas à dire, en matière de storytelling, Lucas Vandierendonck et Brieuc Debois, 26 ans tous les deux, ne pouvaient rêver meilleur scénario pour attirer l’attention médiatique !

Reprenons. Nos deux étudiants ont l’entrepreneuriat dans le sang. Mais à condition de donner un sens à leur projet. S’ils entreprennent, c’est avec la volonté d’avoir un impact sociétal positif. L’alimentation leur semble être un excellent terrain de jeu pour contribuer à un mieux-être et à un environnement plus durable. Le duo se lance donc dans la production de jus de fruits et légumes bio en utilisant une technologie "à froid" (qui permet de conserver toutes les vitamines naturelles, contrairement à la pasteurisation classique). Et tout se passe plutôt bien jusqu’à la mi-mars 2020 lorsque, du jour au lendemain, la Covid et le confinement entraînent une chute de 70 % du volume d’affaires de Good Move. À défaut de pouvoir couvrir leurs frais fixes, Lucas et Brieuc décident d’arrêter la production. "On aurait pu faire le gros dos en attendant que la tempête passe", confie Brieuc Debois. "En tout cas, on ne voulait pas abandonner le projet, même s’il a fallu mettre de côté, au moins provisoirement, nos jus."

Engagés, à l’époque, dans le programme d’accélération Reaktor, les deux amis d’unif prennent le temps nécessaire avant de se relancer. "Le Reaktor est tombé à pic ! Notre coach, Benoît Lips, a été précieux. Il n’a jamais pris les décisions à notre place, mais il posait les bonnes questions. Et il faisait aussi un peu office de psy", rigole Brieuc Debois. Parallèlement, Lucas Vandierendonck, intrigué par les projets d’agriculture verticale, décide de tester la culture de micropousses chez lui, à Gerpinnes. Bingo ! Le test est convaincant. Good Move vient de trouver le terrain de son "pivot".

La demande est au rendez-vous

Pour faire simple, les micropousses, à ne pas confondre avec les germes, sont de très jeunes pousses de légumes récoltées après une dizaine de jours. De plus en plus utilisées dans la cuisine gastronomique, elles ont très bon goût. Elles présentent aussi une densité en nutriments jusqu’à 40 fois supérieure aux légumes adultes. L’agriculture verticale, de son côté, se prête très bien à la culture de micropousses. "Elle se fait dans un environnement contrôlé, ce qui permet de supprimer l’utilisation de produits chimiques", détaille Brieuc Debois. "Par ailleurs, grâce à la culture hydroponique, on peut réduire considérablement l’utilisation d’eau et de surfaces nécessaires pour la production."

Avec une vingtaine d’étagères installées au domicile de Lucas, la production de micropousses (radis, radis pourpre, chou frisé et moutarde) démarre en juillet, avec une première commercialisation dans un magasin bio de Namur. "On a dû tout apprendre . Mais ça a marché ! On est passé de 4 points de vente en août à 20 en décembre et, aujourd’hui, à 35 (essentiellement des magasins bio et apparentés, NdlR). On est arrivé à saturation en termes de capacité de production. On va donc déménager vers un lieu plus grand, ce qui permettra de répondre à la demande."

Pour accompagner cette expansion, les deux fondateurs de Good Move ont réalisé une première levée de fonds, en décembre, pour un montant de 232 000 euros. Il s’agit de neuf investisseurs privés, dont des membres du réseau Be Angels. Outre la nouvelle installation, les deux entrepreneurs prévoient de tester de nouvelles variétés de micropousses.

Quelques infos

Société : Good Move a été fondée en 2016 par Brieuc Debois et Lucas Vandierendonck.

Investisseurs : Investisseurs privés, dont plusieurs membres du réseau Be Angels.

Site : Le site Internet est en chantier. Good Move est présent sur Facebook et Instagram.

Particularité : Contrairement aux apparences, les raviers utilisés par Good Move pour commercialiser les micropousses ne sont pas en plastique ! Fabriqués en “PLA” (fibre de canne à sucre), ils sont 100 % biodégradables.