Une nouvelle façon pour les étudiants de rentabiliser leur kot pendant les vacances.

La tendance est incontestable : les étudiants sont de plus en plus nombreux à sous-louer leur kot pendant l’été. Sur les sites tels qu’Airbnb, de plus en plus de chambres sont proposées plutôt que des appartements, dans les quartiers étudiants tels que le cimetière d’Ixelles. Les annonces précisent bien qu’il s’agit de logements étudiants, souvent à partager avec d’autres colocataires.

Julie, française étudiant à Bruxelles depuis un an et logeant dans un kot pendant l’année scolaire, fait partie de ces étudiants qui ont choisi l’option de la sous-location. "Je ne voulais pas redéménager toutes mes affaires et c’est tellement difficile de trouver un kot, je ne voulais pas lâcher celui-ci", explique-t-elle. De peur de perdre le logement étudiant qu’ils avaient durement trouvé, ces jeunes ont tendance à prolonger le contrat de location jusqu’à l’année suivante. Mais cela implique pour eux de payer leur loyer, même lors de leur absence pendant l’été. La solution qui a été trouvée par plusieurs étudiants pour rentabiliser cela, c’est Airbnb ou Brukot.

Ces plateformes communautaires permettent de proposer son logement à un particulier en échange d’une certaine somme d’argent. Une façon pour les étudiants dans la même situation que Julie de garder leur kot tout en gagnant de l’argent. Les étudiants demandent généralement entre 20 et 40 euros par nuit. "Il y a tellement de jeunes qui ont trouvé cette astuce, que j’ai du mal à sous-louer mon kot, mais je garde espoir", déclare l’étudiante. Il est certain que Julie n’est pas la seule à avoir opté pour cette option. Ses sept autres colocataires ont tous suivi son exemple. À Louvain-La-Neuve, on constate la même tendance. La ville estudiantine propose également de nombreuses chambres sur le site Airbnb.

Des questions se posent malgré tout. La démarche peut sembler pratique mais est-elle réellement légale ? Une étudiante a même été jusqu’à proposer sur la plateforme Airbnb sa chambre au sein d’un logement de l’ULB ! Mais il n’y a pas que ça. Les étudiants qui se lancent dans l’aventure le font souvent sur un coup de tête, ne s’informant pas au préalable des restrictions légales. Or celles-ci existent. De nombreux étudiants pourraient d'ailleurs se trouver en situation d’illégalité. Sans même le savoir.

Une pratique parfois illégale

"Proposer son logement sur Airbnb à un particulier et toucher une somme d’argent équivaut à le sous-louer. Ce que les gens ignorent souvent, c’est qu’en tant que locataire, dans la plupart des cas, cela est interdit. Un bail traditionnel ne permet généralement pas la sous-location. Les locataires ne peuvent donc pas proposer le bien sur Airbnb. Pour pouvoir sous-louer son appartement, un locataire doit avoir absolument l’autorisation de son propriétaire. S’il ne l’a pas, il va contre la loi et risque donc des représailles", explique Dimitri Wets, agent immobilier.


Cimetière d’Ixelles. "Grande chambre privée avec lit double et balcon dans un appartement rénové" / 20 €/nuit
© D.R.

Ottignies-Louvain-la-Neuve: "Chambre bien située entre le lac et le centre." / 20 €/nuit
© D.R.