Ils sont nés en Belgique. Ils ont obtenu leur diplôme de "maître pâtissier, chocolatier, confiseur glacier" au Ceria à Bruxelles. L'un est ensuite allé vivre en Italie, certes, mais voici qu'il vient, avec son frère, de débarquer à Uccle, chaussée de Waterloo, n°1201, dans les anciens magasin et atelier de Renders. Ils s'appellent Luigi et Alessandro Biasetto et proposent une pâtisserie haut de gamme qui a pignon sur rue en Italie. Depuis longtemps, on les réclame aussi à cor et à cri aux quatre coins du monde - de Dubaï à Shangai -, mais ils gardent la tête froide. "Il faut être prudent, ne pas placer le produit pour le plaisir de le placer", explique Luigi Biasetto. "Il faut de la connaissance et une passion parallèle à la nôtre dans le chef de ceux avec qui nous travaillons."

Passion, le ton est donné. En Belgique, ils sont notamment passés chez Wittamer. "J'y ai appris mon métier", résume Luigi, pâtissier mais aussi consultant, professeur et auteur. "Il y a 20 ans, j'ai eu une bonne occasion de rentrer en Italie." En 1997, il dirige l'équipe italienne à la Coupe du monde de pâtisserie à Lyon et remporte le premier prix, une... première pour l'Italie.

En 1998 est fondée, à Padoue, la maison Biasetto. Alessandro a rejoint Luigi. Le premier dirige l'atelier de production, le second s'occupe, en compagnie de son épouse, de la gestion stratégique. Le succès est là. La maison emploie 40 personnes à Padoue. Un nombre qui devrait monter à 60 fin de l'année avec le "nouveau labo" dont la construction se termine. "Le top, techniquement, ce qu'il y a de mieux", se réjouit Luigi Biasetto. La maison a également quelques clients ailleurs en Italie, mais aussi à Londres ou Tokyo, surtout des restaurants.

Le magasin ucclois - "c'est un peu un retour à la maison", avoue Luigi qui ajoute : "Mes parents vivent toujours à Braine-l'Alleud" -, c'est une histoire de quelques amis, dont évidemment Luigi. Ouverte 7 jours sur 7, la boutique propose pâtisserie, viennoiserie et boulangerie, chocolat et produits de confiserie, mais aussi des quiches et des tartes salées, des sandwichs et des vins. L'aménagement intérieur de l'"espace gourmand" a été conçu par une équipe d'architectes italiens bien sûr.

Pour l'heure, c'est la seule implantation envisagée en Belgique (même si Alessandro avait ouvert à l'époque une pâtisserie à Strombeek-Bever, qui existe toujours). Un bilan est prévu dans un an. En attendant, "Paris m'intéresse", affirme le pâtissier qui assure la présidence du tout prochain Open de France des desserts 2008.