Le jour J approche. C’est ce mercredi 2 septembre que s’ouvre la 40e édition du Mondial des Métiers, à Calgary au Canada. Durant quatre jours, plus de 1000 jeunes venus de 51 pays mesureront leur savoir-faire dans les métiers techniques et manuels. La Belgique y envoie 20 candidats. La concurrence est rude et il faudra faire preuve de professionnalisme pour récolter une médaille d’or, d’argent ou de bronze. Car ici, c’est comme aux Jeux Olympiques. "Mais nos jeunes sont de véritables athlètes", aime à rappeler Eric Robert, président de SkillsBelgium, l’association chargée de l’équipe belge et dont la mission est la promotion des métiers techniques et manuels. "Comme les athlètes, les jeunes sont soumis à rude épreuve et à une forte pression". Regroupés par métier dans des grands halls d’exposition, ils doivent réaliser une série d’épreuves, sous le regard non seulement d’experts qui les coteront mais aussi du public.

"Nos espoirs de médaille sont réels", estime Francis Hourant, directeur de SkillsBelgium, qui espère que la récolte sera meilleure qu’il y a deux ans à Shizuoka au Japon, d’où nos représentants étaient revenus les mains vides mais néanmoins enrichis d’une expérience unique. "Nous devons tenir compte des expériences précédentes et des erreurs commises. Il y a deux ans, les candidats n’étaient peut-être pas suffisamment préparés et certains ont joué de malchance".

Plusieurs initiatives ont été prises cette année afin de donner toutes leurs chances à nos candidats. Les formations ont été renforcées. "Nous essayons de les faire travailler dans les conditions du concours", précise Francis Hourant. Les jeunes ont aussi reçu une formation de cinq jours : team building, gestion du stress. "Ils ont passé deux week-ends ensemble et ont aussi rencontré des anciens candidats".

Une opération particulière a été menée cette année, avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin "Nous avons invité des professeurs et des formateurs à nous accompagner. Ils seront là comme soutiens des jeunes. Ils pourront par exemple, au moment du déjeuner, discuter avec eux, les encourager ou leur remonter le moral. Les professeurs apprendront aussi des choses qu’ils pourront mettre à profit dès leur retour". De nombreux parents ont aussi l’occasion d’accompagner les jeunes et de venir les soutenir.

Côté matériel, la compétition se prépare aussi activement. "Nous ne voulons plus avoir de mauvaise surprise. A ce niveau-là, chaque année nous apprenons aussi". Si une partie du matériel est disponible sur place (machines, fours, ), une autre doit être apportée par les candidats. "Nous avons envoyé trois tonnes de matériel pour 125000 euros. Il est important de s’adapter aux circonstances. Les matériaux sont différents au Canada tout comme les prises et le voltage". Certains candidats ont reçu l’aide de sponsors, pour leur matériel notamment. "Nous sommes au début de ce type de démarche", note Francis Hourant, qui conclut : "Nous avons vraiment essayé d’avoir un accompagnement optimum. Mais toujours avec les moyens belges bien sûr. Il faut être réaliste. Nous ne pouvons pas nous comparer à des pays comme la Corée du Sud qui préparent les candidats pendant deux ans". Ou d’autres nations qui leur offrent, en cas de médaille, une voiture ou la dispense du service militaire !