Le premier équipementier automobile mondial, l'allemand Bosch, annonce ce jeudi avoir mieux résisté qu'attendu à la pandémie de Covid-19 en 2020, affichant un bénéfice opérationnel de 1,9 milliard d'euros, en baisse de 41 % sur un an. "Notre activité a mieux évolué qu'attendu mais la situation reste exigeante", affirme Volkmar Denner, patron du groupe non côté en Bourse, qui fournit l'industrie automobile mais vend également des outils et équipements électroménager aux particuliers.

En 2019 déjà, le bénéfice opérationnel du groupe avait quasiment été divisé par deux, plombé par le ralentissement conjoncturel de l'industrie allemande. Pour l'exercice 2020, après des chutes de 40 % du chiffre d'affaires en avril et mai, la vie économique a pu reprendre et Bosch a pu se rattraper.

Les ventes ont ainsi baissé de 6,1% sur l'année, à 71,6 milliards d'euros, avec une baisse plus marquée pour la branche automobile (-9,5%) et une hausse chez les produits de consommation (+5,2%).

Pour sa part, le géant bancaire allemand Deutsche Bank affiche un bénéfice net annuel de 113 millions d'euros lors de l'année 2020 marquée par le Covid-19, le premier gain depuis 6 ans en étant dopé par la banque d'investissement. La banque a par ailleurs constitué près d'1,8 milliard d'euros de provisions sur des prêts à risque, 2,5 fois plus qu'en 2019 sur fond de récession causée par la pandémie.

Sur le quatrième trimestre, le groupe affiche un gain net de 51 millions d'euros. A noter que sans les 382 millions d'euros d'intérêts versés aux porteurs d'obligations dites "AT1", de la dette comptabilisée dans les fonds propres réglementaires, le résultat net part du groupe ressort à 495 millions d'euros.

Unilever enregistre un bénéfice net part du groupe 2020 de 5,6 milliards d'euros, en repli de 0,8 % sur un an, la pandémie ayant pesé sur la consommation de certains produits mais en ayant dopé d'autres. Le chiffre d'affaires du géant des cosmétiques et de l'agroalimentaire est ressorti en recul de 2,4 % à 50,7 milliards d'euros, les achats de cosmétiques en particulier pâtissant des confinements à travers le monde, malgré une bonne demande pour l'alimentaire consommé dans les foyers, à l'instar des glaces.

De son côté, le groupe français de logiciels Dassault Systèmes a surmonté sans difficulté la crise, avec un chiffre d'affaires 2020 en hausse de 11 % à 4,45 milliards d'euros, et un bénéfice net qui reste solide à 491 millions d'euros malgré une baisse de 20 %.

Le groupe a bénéficié en particulier de l'explosion de ses ventes dans le secteur des sciences de la vie, multipliées par 3 à 797,3 millions d'euros. La presque totalité des producteurs de vaccins aujourd'hui dans le monde utiliseraient en effet des solutions Dassault Systèmes pour les mettre au point.

Perte colossale pour Shell

L'équipementier finlandais de télécoms Nokia est quant à lui repassé dans le rouge en 2020, en raison d'une opération comptable, mais voit son bénéfice opérationnel progresser sur l'année. La perte nette annuel s'affiche à 2,4 milliards d'euros (contre un bénéfice de 7 millions en 2019), pour un chiffres d'affaires de près de 21,9 milliards, en baisse de 6,2 %. Le résultat opérationnel calculé sans tenir compte de la norme comptable IFRS, mesure privilégiée par le groupe, ressort en progression de 5,5 % sur un an, à 2,1 milliard.

En outre, le géant des hydrocarbures Royal Dutch Shell dévoile une énorme perte nette de 21,7 milliards de dollars en 2020 du fait de la baisse des cours et de dépréciations massives engendrées par la pandémie. Le groupe rappelle dans un communiqué qu'il avait réalisé un bénéfice net de 15,8 milliards de dollars en 2019 avant l'apparition de la crise sanitaire qui a durablement plombé la consommation de pétrole et de gaz.

Plombée par le virus et des restructurations, Commerzbank, la deuxième banque allemande, annonce une perte nette de près de 2,9 milliards d'euros pour 2020, sa première perte annuelle depuis la crise financière de 2009. Dans un communiqué, la banque explique cette perte par le poids de la pandémie de coronavirus ainsi que par des charges de restructuration liées à des suppressions de postes et des fermetures d'agences.

Le groupe annonce également avoir trouvé un accord avec les représentants syndicaux sur un plan d'économies prévoyant la suppression de 10.000 postes et la fermeture de 340 agences (sur 790) d'ici 2024.

Enfin, le groupe pharmaceutique suisse Roche a pour sa part publié un bénéfice net en hausse de 7 % pour l'exercice 2020, à 15 milliards de francs suisses (13,9 milliards d'euros) malgré les effets négatif de changes et le repli des ventes dans la pharmacie. Son chiffre d'affaires s'est replié de 5 % par rapport à l'année précédente, à 58,3 milliards de francs suisses. Il s'est apprécié de 1 % en monnaies locales les ventes de sa division diagnostics grimpant avec les tests de dépistage du Covid-19.

Par comparaison, les analystes interrogés par l'agence suisse AWP tablaient en moyenne sur un chiffre d'affaires de 59,7 milliards de francs.