En redressement judiciaire depuis presqu'un an, Alteo, dont la production est utilisée pour la fabrication d'écrans de smartphones, de batteries ou de carrelages, avait reçu huit offres mais six d'entre elles ont été retirées, a déclaré à l'AFP Bruno Arnoux, représentant de l'intersyndicale.

M. Arnoux, ainsi qu'une autre source proche du dossier, ont confirmé que les deux offres encore en lice étaient celle de l'ex-directeur des opérations de l'usine, Xavier Perrier, et celle du groupe de logistique implanté en Guinée, United Mining Supply (UMS), qui travaille beaucoup avec des sociétés minières.

Vendredi, lors d'un comité social et économique (CSE) extraordinaire, les organisations syndicales se sont vues présenter les deux offres, que le tribunal de commerce devra éplucher mardi avant de mettre sa décision en délibéré.

"Nous sommes contents qu'il y en ait un (repreneur, ndlr) au bout", s'est félicité M. Arnoux, également secrétaire du CSE, indiquant que le "cheval de Troie" des syndicats serait désormais de "conserver les emplois".

Quelque 400 emplois indirects dépendent également d'Alteo, qui est un des principaux employeurs privés dans la région d'Aix-Marseille.

La direction du groupe a indiqué à l'AFP qu'elle ne s'exprimerait pas avant mardi.

Une partie des riverains de l'usine lui reproche de polluer les alentours alors que 300.000 tonnes de terre rouge, la bauxaline, s'accumulent sur des terrains à ciel ouvert.

Lors de son placement en redressement judiciaire, l'entreprise avait souligné que parallèlement à la baisse des commandes qui avaient eu des " conséquences significatives sur sa trésorerie", elle devait financer les derniers investissements environnementaux.

En août, Alteo a inauguré une unité de traitement des eaux afin de se mettre en conformité avec les normes environnementales légales concernant ses rejets liquides en mer Méditerranée après avoir obtenu plusieurs dérogations.

L'usine créée en 1894, est devenue Alteo en 2012 après son rachat par le fonds d'investissement américain HIG à Péchiney et au géant minier anglo-australien Rio Tinto.