Le plan de transformation de Dexia se traduira par la suppression de 350 postes en Belgique en 2009, a annoncé vendredi l'administrateur-délégué du groupe, Pierre Mariani. Les départs à la retraite et la mobilité interne seront favorisés, mais des licenciements secs ne sont pas exclus.

M. Mariani a réservé le détail de la restructuration aux partenaires sociaux, qui devaient être informés dans le courant de la journée, mais il a déjà communiqué, lors d'une conférence de presse, la ventilation nationale des 900 pertes d'emplois annoncées un peu plus tôt dans la matinée. Environ 350 postes seront supprimés en Belgique, 250 en France, 100 au Luxembourg et 250 dans le reste du monde.

Les dirigeants de Dexia, les administrateurs ainsi que les actionnaires seront eux aussi mis à contribution. "Tous ceux qui participent à cette entreprise doivent faire leur part d'effort pour (en) assurer la pérennité", a affirmé le président du Conseil d'administration, Jean-Luc Dehaene.

Les bonus des dirigeants seront supprimés en 2008, au même titre que les dividendes. La rémunération des administrateurs sera réduite en 2009. La réforme d'un système de retraite très généreux pour une poignée de personnes permettra par ailleurs d'économiser "plusieurs dizaines de millions d'euros", a précisé M. Mariani. Les mouvements de personnel au sein de Dexia suivront la réorientation stratégique de l'entreprise, qui souhaite, à l'instar d'autres banques, "réduire son profil de risque" et "se recentrer sur ses métiers de base".

M. Mariani a ainsi annoncé "l'arrêt complet des activités de trading pour compte propre". Le dispositif sera rencontré sur deux places: Bruxelles pour les opérations avec la clientèle et Dublin pour la gestion de portefeuille. A l'avenir, la banque se concentrera surtout sur son activité de prêts aux collectivités locales, en France et en Belgique, et sur la gestion des dépôts des épargnants belges. A ce sujet, l'administrateur-délégué a souligné que le montant des dépôts de clientèle était aujourd'hui supérieur à son niveau de fin septembre. "Cela démontre la qualité des équipes commerciales de toute la banque", a-t-il dit.

Insistant sur la "tradition de concertation sociale" de Dexia, il n'a pas préjugé du résultat de la discussion à venir. S'il n'a pas exclu les licenciements secs, il a privilégié les départs à la retraite et la mobilité interne. Les diverses mesures, qui se traduiront par des économies de 200 millions d'euros en 2009, soit 5% des coûts, ne constituent que la première étape de la restructuration. Celle-ci se poursuivra dans les prochaines années, afin de permettre à Dexia d'atteindre une réduction de 15% des coûts.

Malgré le contexte, M. Mariani a fait preuve d'un optimisme relatif pour l'avenir. Il a notamment souligné que "toutes les conséquences financières ont été tirées" dans le dossier de FSA, la filiale américaine dont la débâcle pèse lourdement sur les résultats du groupe. Quant à la solvabilité, elle serait, à travers le ratio Tier 1, "l'une des plus élevées de l'industrie financière".

Dexia : 3 milliards de pertes, 900 postes supprimés

Le "plan de transformation" du groupe Dexia, qui a annoncé vendredi une perte nette de 3 milliards d'euros en 2008 et une réduction de 900 postes en 2009, prévoit une réduction du profil de risque du groupe, une accélération du recentrage des activités de financement public, la réalisation de 200 millions d'euros d'économies en 2009 et un effort partagé entre les actionnaires, les dirigeants et les salariés.

C'est ce que Dexia a annoncé vendredi matin, avant l'ouverture de la bourse.

L'effort partagé devrait prendre la forme d'une proposition de suppression, à titre exceptionnel, des dividendes en 2008. Il prévoit aussi la baisse de la rémunération versée aux administrateurs en 2009 et la suppression des bonus des dirigeants pour 2008.

Au niveau de l'emploi, Dexia prévoit la suppression de l'ordre de 900 postes pour l'ensemble du groupe en 2009. La réduction interviendra en utilisant des instruments adaptés à la diversité des situations dans les entités du groupe soumises au plan, précise vendredi le communiqué de Dexia, soulignant que chaque départ envisagé bénéficiera de mesures d'accompagnement et de suivi spécifiques.

Dans le cadre d'un recentrage géographique accéléré annoncé, Dexia a d'ores et déjà décidé de l'arrêt des activités en Australie, en Europe de l'Est, à l'exclusion de Dexia Banka Slovensko, au Mexique, en Inde et en Scandinavie. Ces activités seront vendues ou adossées à des partenaires après consultation des autorités de réglementation concernées.

Quant aux 200 millions euros d'économies, ils portent pour environ la moitié sur les frais courants de l'entreprise, précise encore Dexia.