Deux informations frappantes sont ressorties hier du débat en Commission de la Chambre à propos de Dexia. Le montant des retraits de dépôts entre le 3 et le 7 octobre, juste avant le démantèlement du groupe franco-belge, a été de 4 milliards pour la banque belge. Ce chiffre a été divulgué par Luc Coene, le gouverneur de la Banque nationale. "Le problème devenait très aigu", a-t-il dit. mais, il n’était pas possible de couper le groupe en deux. Car cela aurait signifié une interruption des flux de la Belgique vers la France. Des flux qui ont toujours été la "raison d’être" du groupe franco-belge né en 1996. "Cela aurait obligé d’amortir la dette de 26 milliards sans jamais récupérer les liquidités", a ajouté le gouverneur. C’est en mai que les autorités de contrôle ont constaté que le niveau de liquidités de Dexia était devenu "très insuffisant" et qu’elles ont dès lors essayé de trouver des solutions.

Avec le rachat mi-octobre par l’Etat, la banque belge (DBB) est néanmoins devenue "autonome", a-t-il poursuivi tout en précisant qu’il reste "pas mal de problèmes" à régler tant au niveau de DBB que Dexia SA. "On cherche un plan pour trouver d’ici fin 2012 un équilibre sain visant à plus ne dépendre des interconnexions du groupe", a-t-il expliqué. En clair, il vise la fin des transferts de liquidités pour fin 2012. Et de glisser au passage que la scission de DBB était loin d’être évidente pour les Français.

Dans leurs présentations respectives, Luc Coene ainsi que Jean-Paul Servais ont aussi veillé à répondre à certaines critiques avec en filigrane quelques attaques vis-à-vis de l’ancienne direction (le Français Pierre Richard et le Belge Axel Miller). Luc Coene a rappelé l’"énorme expansion" qui a eu lieu jusqu’en 2008 soit après les premiers signes de la crise du subprime. Jean-Paul Servais a, lui, signalé que la CBFA qui exerçait le contrôle des banques jusqu’à mi-2010 (avant le transfert à la BNB), s’est opposé au plan d’Axel Miller de "centraliser les activités bancaires au-dessous du pôle bancaire géré à partir de Paris". Il a aussi affirmé que le plan de restructuration négocié avec la Commission européenne avait été "suivi" . Ce plan prévoyait un retour à meilleure fortune "pour autant que la stabilité systémique soit assurée". A ceux qui pourraient reprocher à l’ex-CBFA de n’avoir pas assez pris en compte les mises en garde des autorités de contrôle françaises sur les risques supportés par la filiale française, Dexia Crédit Local, il a répondu qu’il ne s’agit "pas d’un dossier mis sous le boisseau" .

Beaucoup de questions ont été posées par les parlementaires sur les prêts de DBB au Holding communal pour financer l’augmentation de capital de Dexia. Jean-Paul Servais a rappelé que cela relevait du droit des sociétés et non pas de la compétence de la CBFA.