C'était le soulagement hier pour Dexia. Le plan de garantie concocté cette nuit par les gouvernements belge, français et luxembourgeois a eu l’effet escompté : l’action est repartie nettement à la hausse (+16,43 pc à 5,80 euros), laissant espérer un nouvel accès au marché interbancaire.

Lors d’une conférence de presse matinale au Palais d’Egmont, les principaux négociateurs du plan dont le Premier ministre Yves Leterme et la ministre française de l’économie Christine Lagarde ont annoncé qu’ils apportaient leur garantie aux nouveaux financements de Dexia.

Quelques heures plus tard, lors d’une conférence de presse téléphonique, c’était au tour des nouveaux président et CEO du groupe franco-belge, Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani, d’expliquer l’accord. Le nouveau CEO s’est dit “fatigué” par deux nuits blanches mais aussi “content de l’accord” conclu. D’après lui, Dexia n’est plus confronté à un problème de liquidité ni de solvabilité. “Il n’y a plus aucun risque pour le client”. “On a prouvé que Pierre Mariani et moi, nous nous attaquions directement au problème”, a de son côté commenté l’ex-Premier ministre belge.

Quelle est la teneur exacte de l’accord ? "Les trois gouvernements se sont conjointement engagés à garantir, à compter de ce jour et jusqu’au 31 octobre 2009, les nouveaux financements interbancaires et institutionnels ainsi que les nouveaux financements obligataires à destination d’investisseurs institutionnels, de maturité maximale de 3 ans levés par Dexia SA, Dexia Banque Internationale Luxembourg, Dexia Banque Belgique et Dexia Crédit Local de France”, souligne un communiqué chez Leterme.

Cela représente quel montant ? Pierre Mariani n’a pas voulu confirmer le chiffre circulant dans les marchés de 150 milliards d’euros. Tout ce qui est sûr c’est que la répartition de la garantie est proportionnelle à la répartition des trois pays dans le capital du groupe bancaire. La part de la Belgique devrait donc être de l’ordre de 60 pc (contre 36,5 pc pour la France et 3 pc pour le Luxembourg 3 pc). Mais la Belgique pourrait ne pas débourser un euro, a tenu à préciser Jean-Luc Dehaene. Pour cela il faut que cette garantie permette de débloquer les financements nécessaires. “C’est une méthode pour rassurer le marché”, a-t-il expliqué.

Pierre Mariani a aussi précisé que cette garantie n’était pas une aide. Dexia va devoir la rétribuer à un prix qui correspondra à la différence entre le taux actuel et celui auquel le groupe bancaire pourra emprunter grâce à la garantie.

Autre point : cette garantie couvre les principales filiales bancaires du groupe et pas la filiale américaine à problème FSA, spécialisée dans le rehaussement de crédit. “FSA n’est pas un sujet qui pèse sur la liquidité du groupe” a assuré Pierre Mariani.