Le HRD ou Hooger Raad voor Diamant, soit l'organisme représentatif du secteur du diamant à Anvers, a changé radicalement de structure au début du mois de mai. S'il y a eu, comme on dit, du rififi dans le secteur du diamant à Anvers l'an passé, ces remous appartiennent désormais au passé. L'ancienne structure représentative du secteur, réputé appartenir à une autre histoire, a été renouvelée, et une nouvelle équipe est maintenant aux commandes du HRD. En outre, le HRD, qui cumulait des fonctions d'animation et de promotion du secteur, avec des fonctions plus rentables comme la certification des pierres taillées à Anvers, va se scinder en deux entités. La première qui va chapeauter l'ensemble des activités des quelque 350 personnes actives dans cette... ASBL, sera une Fondation privée, l'autre qui regroupera les activités commerciales du HRD sera une société anonyme dont la Ville d'Anvers détiendra une action. «Le processus devrait être achevé pour la fin de cette année», nous assure Philip Claes, directeur au HRD. Voilà pour le futur proche.

Pour quelle raison le HRD a-t-il été agité l'an passé? «Il y a différents éléments qui ont suscité des tensions au sein du HRD. Notamment, la composition de ce dernier, et la présence à sa tête de deux opérateurs liés au groupe De Beers. Ces dissensions, suivies du départ des trois membres les plus importants du conseil d'administration et de la direction du HRD, abondamment commentées dans la presse néerlandophone, ont attiré l'attention du Premier ministre Guy Verhofstadt, qui est intervenu et a proposé une restructuration de l'organe représentatif du secteur, avec pour but essentiel, précisément, une meilleure représentativité», explique encore Philip Claes.

Concurrence accrue

Pourquoi un tel engagement du Premier ministre en personne? Le secteur est riche. En 2005, il a généré un chiffre d'affaires de 39 milliards d'euros. Anvers représente encore 50 pc du commerce mondial du diamant taillé, et 80 pc du diamant brut. «Il est important de situer cela dans un contexte de concurrence internationale accrue. Mumbai, New York, Tel Aviv et surtout Dubai tentent de grappiller des parts de marché. A Dubai, le gouvernement prépare un système de «tax holiday» sur une durée de... 50 ans!», précise encore Philip Claes. Il est clair que le Premier ministre a décidé d'intervenir pour conserver la masse critique nécessaire au maintien de la position forte d'Anvers dans le secteur.

Etat des lieux actuel? Depuis le début du mois de mai, le CA du HRD est composé de 12 membres. «Six d'entre eux sont élus directement par les diamantaires. Trois sont désignés par les bourses du diamant, un par les syndicats du secteur, un par le patronat, et un dernier sera choisi parmi les capitaines d'industrie au titre d'administrateur indépendant, dans la bonne logique des règles de corporate governance.» Et la représentativité? «Parmi les membres élus par les commerçants, on retrouve 5 Indiens, et c'est naturel: ils totalisent 60 à 70 pc du total du marché à Anvers. Le président du CA du HRD est Jacky Roth, assisté de deux vice-présidents, Stéphane Fischler et Kaushik Metha. Le directeur général du HRD est Freddy Hanard.»

© La Libre Belgique 2006