à Rome

Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli, les patrons de Suez et Gaz de France (GDF), ont organisé hier soir une réception au Chiostro del Bramante (ancien cloître transformé en musée), en marge du Congrès mondial de l'Energie qui a lieu cette semaine à Rome. Cette invitation commune est une grande première. Elle vise à montrer que la fusion entre les deux entreprises énergétiques est en train de se concrétiser. Histoire de faire oublier tous les obstacles qu'il a fallu surmonter depuis que le projet d'union a été annoncé en février 2006. "La fusion avance parfaitement normalement. Ce sera fait au premier semestre 2008. Le décret de privatisation de GDF sortira quand il devra sortir. Ce n'est pas une échéance fatale", a expliqué à Rome Gérard Mestrallet. Qui faisait ainsi allusion à l'attente de la signature du décret par le président de la République, Nicolas Sarkozy.

Cette fusion doit notamment conduire à la cession de certains actifs en Belgique (la participation de Suez dans Distrigaz et la part de GDF dans la SPE, deuxième producteur d'électricité en Belgique). Cessions imposées par les services européens de la concurrence. Gérard Mestrallet a confirmé que tous les grands groupes énergétiques européens ont manifesté de l'intérêt pour Distrigaz. Logique : aucun actif dans le secteur n'est à vendre si ce n'est Distrigaz. Suez est prêt à céder sa part dans la société gazière belge en échange d'actifs mais pas n'importe lesquels. "On préfère des actifs durs, par exemple une centrale électrique. On préfère avoir des capacités de production tout de suite", a-t-il souligné. "On ne veut éliminer personne", a-t-il ajouté. Tout en précisant qu'à prix égal, la sélection se fera sur base de la qualité des actifs. Celui qui offrira notamment des capacités de production hydraulique sera particulièrement bien accueilli.

"La même logique" prévaut pour la SPE, a expliqué Jean-Marie Dauger, le numéro deux de GDF. Et de faire aussi comprendre que ce n'est pas parce que le Britannique Centrica (qui détient déjà 25 pc dans la SPE) a un droit de préemption sur la part de GDF qu'il remportera le morceau. Tout est, là aussi, une question d'offre la plus attrayante possible. Mais comme pour Distrigaz, les négociations n'ont pas encore commencé, ont précisé les deux dirigeants.

Autre participation détenue par Suez : Gas Natural. Et celle-là, le groupe n'est pas prêt à la céder. "L'Espagne est un pays que nous aimons beaucoup tout comme d'ailleurs l'Italie", a expliqué Gérard Mestrallet. Pour le moment Gas natural est contrôlé par deux actionnaires (dont la Caixa) à concurrence de quelque 30 pc chacun. "Si la structure du capital reste la même, cela nous va. On serait là si la situation était appelée à changer", a encore expliqué Gérard Mestrallet.

Ce dernier a également expliqué que le groupe Suez est désireux d'augmenter sa présence aux Etats-Unis tant au niveau de l'électricité que du gaz. "Il y a localement des sous-capacités. On est attentif à ce qui se passe. Avec un euro à 1,47 dollar, les acquisitions sont moins chères", a-t-il souligné.