Ce lundi, Yves Leterme ira à Paris pour rencontrer Nicolas Sarkozy. Et les deux hommes vont parler de la fusion entre Suez et Gaz de France (GDF), et aussi de Distrigaz. Comme on le sait, Suez est appelé à vendre sa participation dans sa filiale gazière belge pour répondre aux exigences européennes en matière de concurrence imposées suite au projet de fusion entre Suez et GDF.

Suez a établi une short list avec trois candidats repreneurs possibles : le groupe italien Eni, l'allemand EON et le français EDF. Selon le "Tijd", le groupe italien aurait fait une offre élevée comprise entre 4 et 8 milliards. Une fourchette pour le moins large qui pourrait donc aller jusqu'au double de la capitalisation boursière de Distrigaz (environ 4 milliards d'euros). On sait aussi que Suez a réussi à obtenir que le paiement se fasse sous forme d'échanges d'actifs. Et Eni serait prêt à céder une centrale nucléaire et le réseau gazier romain.

EDF va-t-il surenchérir ? Difficile à savoir même si on peut parier que Sarkozy va dire tout le bien qu'il pense d'une offre faite par l'électricien français. Mais du côté politique, flamand en particulier, on semble privilégier la piste italienne même s'il reste à prouver qu'elle va améliorer la concurrence sur le marché belge. Et que va faire EON ? Va-t-il se retirer de la course ? D'après le "Tijd", le groupe allemand se focaliserait davantage sur le rachat d'une partie de la capacité nucléaire d'Electrabel comme le prévoit la Pax Electrica II.

Quelle que soit la solution choisie, il est en tout cas évident que celui qui remporte le morceau devra faire une offre sur toutes les actions de Distrigaz. Restera à voir si le prix offert ne sera pas contesté par des actionnaires minoritaires.

Leterme et Sarkozy devraient aussi parler lundi de la "golden share" (droit de veto) que vise l'Etat belge dans le futur nouvel ensemble GDF Suez.