L'heure est au grand nettoyage et à la remise en état de la Machine à Feu, site qui accueille chaque année, depuis 1989, le festival de Dour. Les derniers bénévoles s'activent pour rendre à cet endroit toute sa quiétude.

Ecologique

Personne n'a en effet oublié que le projet a vu le jour sur fond d'engagement écologique. A l'époque, les terrils de la Machine à feu et Saint-Antoine étaient menacés d'exploitation. Les riverains se sont alors mobilisés. Avec succès. Le combat a pris fin, un vide s'est installé.

L'idée d'organiser un festival leur est venue à l'esprit. Non sans mal. Les premières éditions se sont soldées par des échecs financiers. Les dettes se sont accumulées. "On a ramé. On s'est demandé s'il fallait continuer" se souvient Carlo Di Antonio, organisateur du festival et député-bourgmestre de Dour (CDH).

Aujourd'hui, la situation a bien changé. Dour est devenu un événement culturel incontournable en Wallonie. En 2006, 134000 festivaliers se sont déplacés, dont 28000 campeurs. Le bénéfice a avoisiné les 200000 €. Le tout pour un budget de 2 millions d'euros dont 900000 € rien que pour la programmation artistique.

Cette année, pour sa 19e édition, ils étaient 140000 ! Une nouvelle qui n'en est pas une, puisque pour la première fois depuis sa création, le Dour Festival a affiché complet avant même le début de l'événement, écoulant 31000 "Pass quatre jours", dont 1000 en une demi-heure, le 7 juillet, alors que la mise en vente, en collaboration avec le partenaire Dexia, était prévue de 6 heures du matin à minuit !

Pour en arriver là, l'association de départ a dû faire appel au soutien des riverains qui ont porté le projet à ses débuts. Aujourd'hui l'actionnariat se limite à une dizaine d'amis qui devraient toucher leurs premiers dividendes sur base des résultats de 2006. Une partie des bénéfices sera conservée, au cas où.

1 500 bénévoles

Le succès du festival repose sur sa convivialité et son esprit bon enfant. Valeurs présentes aussi dans la mise sur pied de l'événement, coordonnée par 3 personnes toute l'année, rejointes par 1500 bénévoles issues d'associations locales durant le festival. En retour, celles-ci reçoivent des aides, jusqu'à 20000 euros. Sans compter les entrées gratuites.

Les retombées pour la région sont difficilement chiffrables. "La ville perçoit 25000 euros en taxes. Les commerces profitent du flux de visiteurs. Et les milliers de festivaliers qui prennent les transports en commun chaque jour." A entendre Carlo Di Antonio, tout le monde y trouve son compte. Et que les autres se rassurent, le festival ne devrait plus s'agrandir, faute de place. Ou alors, ailleurs mais au risque de mettre en péril l'esprit familial qui a fait la réputation de l'événement.