Revue Boursière Analyse

Le patron de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a décidément le sens de la formule et de la stratégie. Alors que les voix des politiques français s’élevaient cette semaine pour dénoncer les risques d’un euro fort, ce dernier, qui n’est certainement pas en charge du niveau de notre devise, a réussi en quelques mots à laisser entendre qu’une prochaine baisse du taux directeur de la BCE n’était pas à exclure. Un trait qui a touché directement la devise européenne, provoquant, à peu de frais il est vrai, l’effet escompté. Sur la semaine, l’euro a donc reculé de 2 % face au dollar. Il est vrai que, dans le même temps, le secteur bancaire, toujours en convalescence, se remettait de ses émotions de la semaine précédente, marquée par la chute de la banque Monte Paschi et par la nationalisation d’une banque néerlandaise coulée par la déprime de l’immobilier aux Pays-Bas. L’euro a aussi tremblé en cours de semaine au rythme des négociations sur le budget européen, avec un début de rattrapage vendredi, après l’annonce de la conclusion d’un accord à ce propos.

Résultats US porteurs

En Bourse, on a assisté à l’accroissement de la divergence entre les évolutions des places américaines et européennes. Aux Etats-Unis, la relative fermeté des cours, amplifiée pour les portefeuilles européens par la remontée du billet vert, se justifie par un baromètre très positif pour les entreprises. Sur les 500 entreprises composant l’indice SP 500, 340 ont publié leurs résultats, avec une proportion de 70 % de surprises positives et seulement 20 % de surprises négatives. Sur 2012, les analystes ont observé une croissance de 9 % des résultats et estiment qu’au terme de l’année en cours, on devrait enregistrer une progression de 8,5 %. De quoi justifier un maintien de la tendance boursière positive pour les mois à venir, certainement.

Pour ce qui concerne l’Europe et la Belgique, on ne dispose pas encore d’une visibilité suffisante sur les résultats qui commencent seulement à tomber. Mais chez nous, les premiers chiffres sont révélateurs de tendances qui seront à suivre de près dans les semaines à venir. La politique de dividendes notamment sera au centre de l’attention des analystes. Avec déjà quelques bonnes surprises de la part d’entreprises désireuses de fidéliser leurs actionnaires. C’est le cas de Barco, notamment, qui a augmenté la rémunération de ses porteurs d’actions. Une manière de stabiliser les cours qui échappe désormais à Mobistar, par contre. L’opérateur télécoms, qui se débat dans un environnement hautement concurrentiel, a été forcé de mettre les bouchées doubles en matière d’investissement dans le réseau de données sans fil à haut-débit. Et il voit dans la conjonction de cet effort et de la pression sur son chiffre d’affaires une tendance qui l’a forcé à annoncer une réduction de moitié de son dividende. Une évolution anticipée par le marché, sur la base de l’exemple de KPN aux Pays-Bas, et que l’on peut entrevoir pour Belgacom au terme de l’exercice en cours ou le suivant, sans doute, si les conditions de marché devaient rester ce qu’elles sont. On l’a vu cette semaine encore, la stratégie de la concurrence, celle de Base en l’occurrence, est axée sur une politique de prix extrêmement agressive qui ne peut, à terme, que peser sur la rentabilité du secteur.

Au rayon des mauvaises nouvelles de la semaine, il faut aussi ajouter les résultats décevants d’Umicore et de Nyrstar. Et si les commentaires de la direction d’Umicore laissent entrevoir un avenir souriant pour l’entreprise, ceux de la direction d’Umicore, ex-filiale zinc d’Umicore lorsqu’elle se nommait encore "Union minière", font un peu froid dans le dos. Ici, on évoque un souhait de diversification hors de l’activité zinc Pourtant, le cours de Nyrstar s’est maintenu pendant que celui d’Umicore reculait

Dans un autre registre, en termes de capitalisation boursière, Melexis a réussi à aligner des résultats conformes en dépit de la fragilité du secteur automobile. Arseus, ex-division d’Omega Pharma, a dévoilé pour sa part des résultats plus que satisfaisants qui justifient l’envolée de son cours de Bourse. Idem d’ailleurs pour la plupart des sicafi dont le rendement fait toujours le bonheur des investisseurs prudents.