Un temps contesté par certains actionnaires minoritaires, M. Drahi, qui détient actuellement 77,6% du capital, a déjà réussi fin décembre à rallier avant le vote plusieurs fonds d'investissements qui s'opposaient à l'opération, en relevant le prix de son offre.

Dans un communiqué, la société Next Private, contrôlée par M. Drahi, avait annoncé avoir relevé son offre de 4,11 à 5,35 euros l'action d'Altice Europe, qui contrôle notamment l'opérateur SFR, la radio RMC et le groupe BFMTV.

L'opération doit ainsi atteindre 3,25 milliards d'euros.

Fin novembre, le milliardaire avait lancé officiellement l'offre publique, approuvée à l'unanimité par le conseil d'administration de l'entreprise et validée par le régulateur financier.

Mais début décembre, un des actionnaires minoritaires, Lucerne, avait saisi la justice néerlandaise, demandant une enquête sur "la gouvernance d'entreprise" et "le cours des événements" concernant l'offre publique.

Ce fonds ainsi que plusieurs autres actionnaires minoritaires qui s'opposaient au projet - représentant un total de 9,1% du capital - se sont finalement engagés à apporter leurs titres à la nouvelle offre.

Lucerne ainsi que les fonds Sessa, LB Partners, Sheffield et Winterbrook, ont ainsi suspendu "leurs actions" en justice devant la cour d'appel d'Amsterdam, tout comme Winterbrook qui avait lancé une procédure aux États-Unis.

Le feu vert formel des actionnaires sera donné lors de l'assemblée générale extraordinaire qui doit débuter jeudi à 11H00 (10H00 GMT).

L'opération doit permettre au groupe de mettre en place plus facilement sa stratégie et de mieux se concentrer sur des objectifs de long terme, sans avoir ses performances trimestrielles scrutées par les marchés, avait expliqué le dirigeant.

"Ne plus être sous le regard quotidien des marchés financiers va lui enlever certainement une forme de pression et de contrainte d'immédiateté pour la gestion de son activité. Cela va lui donner certainement un petit peu plus de latitude notamment pour gérer sa dette et ses projets stratégiques", explique à l'AFP Thomas Coudry, analyste télécoms au sein de Bryan, Garnier & Co.

La dette d'Altice, dont les activités européennes et américaines ont été séparées en 2018, a longtemps inquiété les marchés. Celle d'Altice Europe, gonflée par des acquisitions successives, s'affichait à 28,5 milliards d'euros à fin septembre.