Le "Drive-in movies", événement cinéma "incon tournable de cet été ", selon ses organisateurs, va faire son cinéma sur l'esplanade du Cinquantenaire à Bruxelles du 27 juillet au 1er septembre.

Au programme de cette année, il y a douze films, parmi lesquels "Shrek 3", "Ocean's 13", "Zodiac", ou encore le très réussi "Two days in Paris" de Julie Delpy, qui ouvrira cette 19e édition des "drive-in" version bruxelloise.

Ce traditionnel rendez-vous des amateurs du septième art vient bien sûr d'un concept typiquement américain. Il a été lancé il y a une vingtaine d'années par Michel Culot avec son agence événementielle VO communication, qui est aussi à l'origine de la patinoire de la Grand-Place, par exemple. Le principe est simple : on regarde le film de sa voiture ou bien sur une chaise en plein air. Son agence de communication a les idées larges et l'homme entend bien faire tourner Bruxelles. Chacun arrive avec son véhicule vers 20 heures et paye 16 euros par voiture; le tarif étudiant est de 14 euros. Le concept est un revi val des années soixante, symboles de James Dean et de la série "Happy Days". De plus, la mise en place de tels événements augmente l'attractivité de la ville de Bruxelles.

Succès ?

L'année dernière, environ 14 000 visiteurs se sont rendus sur place, et l'esplanade accueillait environ 700 personnes par soir. Depuis trois ans, le nombre de visiteurs va croissant, mais cet été, avec le temps maussade, une baisse de fréquentation est à craindre, car le climat est un élément important, même si les projections par temps de pluie sont maintenues... Dans de telles conditions, il n'y a plus qu'à activer les essuies glaces, car aucun aménagement particulier n'est prévu.

L'événement connaît un vif succès, mais n'est pas bénéficiaire et n'existe que grâce aux nombreux sponsors (Mastercard, VivaBruxelles, Pure FM, Carlsberg...) et les 8 pc de revenus de la billetterie. Sans sponsor, un tel événement n'aurait pas lieu, car le prix des places serait exorbitant.

"Quand on fait ce type d'événement, on se bat pour le faire, car cela coûte cher et les entrées d'argent ne sont pas toujours suffisantes", souligne Dimitri Bertrand, organisateur depuis 11 ans. Mais un rendez-vous estival qui existe depuis si longtemps est rare et les organisateurs font tout pour le maintenir et fêter ses 20 ans comme il se doit l'année prochaine.

L'ombre des DVD et du téléchargement sur Internet ne fait-elle pas craindre un essoufflement du concept fondé sur la dimension de rediffusion des films de l'année ? Dimitri Bertrand ne croit pas qu'à terme, cela porte véritablement préjudice au concept. En effet, les gens se rendent sur l'esplanade plus pour y trouver une ambiance, boire un verre et retrouver des amis que véritablement pour le film en lui-même. Pour l'organisation de ce type d'événement, "il faut se battre et faire preuve de créativité pour déployer des stratégies de communication qui n'explosent pas le budget qui se situe autour de 250 000 euros", rajoute Dimitri Bertrand.

(st.)

© La Libre Belgique 2007