En début de semaine, Wall Street a été dynamisée par le sauvetage de la banque américaine Bear Stearns. Le secours qui lui est apporté par la Banque fédérale et JP Morgan a rassuré des marchés qui redoutaient les retombées catastrophiques d'une faillite sur les autres banques américaines.

Les Bourses européennes ont dès lors entamé cette semaine écourtée dans de fort bonnes conditions. D'autant plus qu'au même moment, le groupe géant Monsanto annonçait une amélioration à deux chiffres de ses résultats.

Fraîcheur passagère

En milieu de semaine, d'autres nouvelles en provenance des Etats-Unis ont toutefois refroidi l'ardeur des investisseurs. La confiance des consommateurs y a reculé beaucoup plus nettement que prévu et les commandes de biens durables ont subi une baisse inattendue. En outre, les marchés européens ont assez mal digéré l'avertissement de la Deutsche Bank, qui craint de ne pas pouvoir atteindre son objectif de résultat en 2008, ainsi que l'avertissement du président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet. Celui-ci estime que le pire de la crise financière n'est pas encore passé.

La flambée des prix des matières premières et le nouvel accès de faiblesse du dollar ont également suscité une certaine inquiétude. Le refroidissement a toutefois été de très courte durée et les Bourses européennes se sont ensuite sensiblement raffermies, contrairement à Wall Street sanctionnée par des résultats moins brillants que prévu pour Oracle et une recommandation négative sur Google.

La performance médiocre de la Bourse américaine a tout de même semé de l'incertitude sur les marchés européens au cours de la séance de ce vendredi.

Regain de confiance

La nette amélioration du moral des industriels allemands, des chefs d'entreprise français et surtout du patronat belge est venue confirmer la persistance d'une bonne conjoncture en Europe. En Belgique, la courbe synthétique de la Banque nationale a progressé pour le troisième mois consécutif !

Les déclarations de la Banque centrale européenne, qui se dit prête à fournir des liquidités supplémentaires aux marchés financiers en cas de besoin, ont également rassuré des marchés rendus nerveux par l'augmentation des taux interbancaires, due à la méfiance des banquiers entre eux.

Quelques nouvelles de sociétés ont confirmé l'allure soutenue de la conjoncture européenne. Ainsi, le résultat trimestriel du distributeur de vêtements suédois H & M a haussé de 28 pc et les prévisions de résultat du fabricant néerlandais de vitamines DSM ont été revues à la hausse.

C'est néanmoins le résultat de Swiss Life qui a été accueilli avec le plus de satisfaction. Cet important assureur fait état d'un bénéfice record, en augmentation de 43 pc ! Il semble donc bien qu'il traverse sans dommage la crise financière internationale. C'est le genre de nouvelle qui permet d'affirmer, comme le fait Franklin Templeton, que le contexte pessimiste actuel offre de nombreuses opportunités d'investissement, en particulier dans le secteur financier. Un point de vue certainement réaliste qui implique cependant une forte dose de clairvoyance.

Dans le climat actuel, où la visibilité fait souvent défaut, il s'agit de faire le bon choix. Les opportunités trompeuses sont nombreuses. L'actualité récente nous donne plusieurs exemples de résultats catastrophiques pour des sociétés que l'on croyait invulnérables.

Agfa-Gevaert en négatif

Deux poids lourds de la cote à Bruxelles connaissent des temps particulièrement difficiles. Agfa-Gevaert surtout. Cette valeur évolue sous la barre des 5 euros, à peine plus que son plancher historique de 4,50 euros et très loin des 20 euros, son sommet des douze derniers mois.

Le groupe anversois d'imagerie peine à restructurer ses activités victimes d'une transition difficile des procédés analogiques vers le système numérique. Il parvient, certes, à conserver une certaine marge bénéficiaire, mais moyennant une suppression massive d'emplois.

Nouvelle tuile : le groupe vient de voir confirmée, par la cour allemande du travail, sa condamnation à verser des arriérés à d'anciens employés de sa division Agfa Photo tombée en faillite peu après sa revente à un homme d'affaires allemand. Lors de la revente de cette division, estime le tribunal, le groupe a fourni de fausses indications sur les liquidités et les chances de survie d'Agfa Photo, en sorte que le personnel n'a pas émis d'objection au transfert des contrats de travail. L'action Agfa-Gevaert n'a toutefois guère été davantage sanctionnée ces derniers jours, car l'issue de la procédure était prévisible.

Le titre UCB ne parvient pas non plus à reprendre un peu de hauteur. L'accumulation des déconvenues à répétition que subissent ses médicaments aux Etats-Unis continue de peser sur sa cotation qui a chuté de 50 pc en l'espace d'un an !