Dubaï s'offre 20 % du Cirque du Soleil

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Monique Baus

Publié le

Dubaï s'offre 20 % du Cirque du Soleil
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La précision a été répétée à de multiples reprises par le créateur du Cirque du Soleil. "Je garde le contrôle tant opérationnel que créatif", martèle Guy Laliberté depuis Tokyo, au cours de la conférence de presse téléphonique convoquée pour annoncer qu'il cède 20 pc de sa multinationale à Nakheel et Istithmar World Capital (10 pc chacun), membres d'une holding contrôlée par le gouvernement de Dubaï. "Les deux nouveaux partenaires ne seront impliqués d'aucune façon dans le processus de décision artistique. Cela a fait l'objet de négociation et d'un accord. Aucun changement de fonctionnement n'est prévu, ni dans le staff ni dans le conseil d'administration."

Au Canada, et ailleurs dans le monde pour ses milliers de fans, le Cirque du Soleil est une véritable institution. L'annonce de la cession partielle à Dubaï n'est pas passée inaperçue, après les rumeurs qui avaient couru au début de l'été (au départ du London Daily Telegraph) selon lesquelles le cirque canadien serait à vendre pour deux milliards de dollars. "Pourquoi voudrais-je vendre ?", répond d'ailleurs Guy Laliberté à un journaliste qui revient sans détour sur cette information. "L'entreprise est très rentable !" De fait. Le Cirque du Soleil, créé en 1984, emploie aujourd'hui 4 000 personnes, son chiffre d'affaires annuel dépasse 700 millions de dollars (US) et ses spectacles attirent environ dix millions de spectateurs par an.

Qui sont les acheteurs ?

L'objectif de la transaction est d'assurer la croissance du Cirque en s'appuyant sur des partenaires forts pour le développer sur plusieurs sites tout en conservant son indépendance. Autrement dit, la vente ne visait pas à faire rentrer des fonds dans les caisses. Son profit devrait donc venir gonfler la fortune du fondateur (lire encadré) qui n'a pas souhaité en donner le montant.

Nakheel et Istithmar World Capital appartiennent tous deux à une holding contrôlée par le gouvernement de Dubaï.

Nakheel était déjà partenaire du Cirque en vue de la construction d'un théâtre de 1 800 places dans l'émirat où la troupe présentera un spectacle permanent à partir de 2011 et pendant... 15 ans ! C'est un important promoteur immobilier privé des Emirats arabes unis. Plusieurs sources lui attribuent un rôle-clé dans le projet visant à transformer Dubaï en destination de premier plan en matière d'affaires et de tourisme. Il est, par exemple, connu pour trois îles aménagées en forme de palmiers au large de Dubaï. La valeur des projets de Nakheel est estimée à 80 milliards de dollars (US).

De son côté, la société de placement spéculatif et de capital privé Istithmar World Capital a des investissements dans plus de 35 sociétés situées tant en Amérique du Nord qu'en Europe, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient, et un capital total placé de 9 milliards de dollars (US).

Ce n'est pas la première fois que Guy Laliberté est approché par des ténors de l'industrie du divertissement. S'il a dit "oui" cette fois-ci, c'est à la fois parce que le partenaire se contente de 20 pc et parce qu'il offre des possibilités de développement aussi rapides que spectaculaires.

En plus de son cirque permanent à Dubaï, le Cirque du Soleil y ouvrira un bureau de production, une entreprise de billetterie et une société de location d'équipement et de conception scéniques. Retombées attendues : plusieurs centaines d'embauches au siège de Montréal.

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