Durobor, la dernière gobeleterie belge, est au bord du gouffre. L’entreprise basée à Soignies, qui emploie 210 personnes, a demandé sa mise en faillite, mardi, lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire, annonçait hier "L’Echo" sur son site Internet.

Les affaires de ce fleuron de l’industrie verrière wallonne vont très mal, au point que les outils ont été mis à l’arrêt à la mi-mars et que Jean-Claude Marcourt, le ministre wallon de l’Economie (PS), avait déclaré le 22 mars que "les caisses de Durobor [étaient] vides".

L’entreprise, qui a subi en 2016 des pertes à hauteur de trois millions d’euros, a besoin de sept millions pour poursuivre ses activités.

Le gouvernement wallon doit donner son aval

La Sogepa (un des bras financiers de la Région), propriétaire des murs et des outils, a refusé mercredi, devant le tribunal de commerce de Mons, la demande de faillite de Durobor, ayant de quoi supporter le passif jusqu’au 30 juin. Les activités pourraient donc se poursuivre jusqu’à cette date si le gouvernement wallon donne son accord, ce jeudi. Une nouvelle audience du tribunal de commerce de Mons est prévue le 24 avril.

Les syndicats ont fait part de leur soulagement à l’annonce de la Sogepa, dont ils rencontreront les représentants vendredi pour faire le point sur le dossier.

Les différents repreneurs de la marque à la bulle d’air au fond du verre, fondée en 1928, qui a entre autres conçu les verres à Leffe, à Jupiler, inventé la verrine en 2003 et exporté ses produits sur les cinq continents, ont tous jeté l’éponge au vu des difficultés commerciales rencontrées par Durobor. Le dernier en date, un Néerlandais, est parti en 2014. En 2015, la Région et des investisseurs privés volaient au secours de l’entreprise. On espérait alors une relance durable de l’activité, mais elle n’a pas eu lieu.

Un candidat repreneur crédible

La Sogepa cherchait des investisseurs depuis quelque temps. "Il y a un candidat repreneur sérieux avec lequel nous sommes en discussion. Sérieux parce que c’est un industriel qui a les moyens", explique Renaud Witmeur, le patron de la Sogepa. "Cette personne a, pour Durobor, un projet substantiellement différent, plus large et complet que ce que l’entreprise fait actuellement, et c’est ce qu’il faut si on veut croire à un avenir. Il reprendrait une grande partie du personnel actuel. Un des gros atouts de Durobor, c’est justement ses travailleurs et leur mentalité. Nous nous donnons encore un mois pour étudier son projet à fond. Mais il ne faudra pas trop tarder car cet industriel, qui veut racheter une verrerie, a d’autres opportunités que Durobor", ajoute Renaud Witmeur.