La maison mère d'Airbus, EADS, compte prochainement accepter la démission du PDG de l'avionneur européen, Christian Streiff, qui pourrait être remplacé par le coprésident français d'EADS Louis Gallois, a indiqué lundi à l'AFP une source proche du dossier.

En revanche, le plan de redressement présenté par M. Streiff, baptisé "Power 8", a "le soutien total du conseil d'administration d'EADS", a précisé cette source.

Les actionnaires privés d'EADS, l'allemand DaimlerChrysler et le français Lagardère, sont en faveur du départ de M. Streiff, arrivé il y a trois mois à la tête d'Airbus, explique-t-on de même source.

Christian Streiff a envoyé la semaine dernière deux lettres de démission aux coprésidents de sa maison-mère, Louis Gallois et l'Allemand Tom Enders.

"Le conseil d'administration d'EADS n'a pas encore accepté formellement sa démission, car il ne s'est pas encore réuni", mais il pourrait le faire "cette semaine", a souligné cette source.

EADS a refusé de commenter ces informations.

Le départ de M. Streiff pourrait ainsi être entériné avant le conseil des ministres franco-allemand prévu jeudi à Paris, malgré le soutien apporté au PDG d'Airbus par le gouvernement français ce week-end, par la voix du Premier ministre Dominique de Villepin.

Le ministre français de l'Economie "Thierry Breton voudrait garder Streiff au moins jusqu'à l'élection présidentielle française de 2007, mais c'est une question qui dépend du conseil d'administration d'EADS, pas du gouvernement français", insistait cette source.

EADS est détenu à parité par les Français (15 pc Etat et 7,5 pc Lagardère) et les Allemands (22,5 pc de DaimlerChrysler).

M. Streiff était engagé dans un bras de fer avec la direction d'EADS pour obtenir l'autonomie dans la mise en oeuvre de son plan de redressement annoncé mardi dernier après les nouveaux retards de livraison de l'avion géant A380.

EADS estime que M. Streiff avait été prévenu avant sa nomination des règles de gouvernance, impliquant au contraire une plus grande intégration d'Airbus à sa maison-mère, souligne-t-on de source proche du dossier.

Il lui serait également reproché un "manque de diplomatie".

Louis Gallois, actuel coprésident exécutif d'EADS, est désormais pressenti pour prendre la tête d'Airbus, une fois qu'EADS détiendra 100 pc de l'avionneur européen, indique encore cette source.