Louis Gallois, président exécutif d'EADS, évoque un retard de trois à quatre mois des livraisons de l'A380 par Airbus, filiale du groupe européen d'aéronautique et de défense. Le 13 mai dernier, lors de l'annonce des nouveaux retards de livraisons du très gros porteur, Airbus avait évoqué un délai limité à "deux à trois mois" . "Nous avons été amenés à ralentir la croissance de production de l'A380 , a déclaré Louis Gallois, dans un entretien publié vendredi par le quotidien régional "La Dépêche du Midi". C'est une gêne réelle pour nos clients, nous aurons à payer des pénalités. Mais ce n'est pas une catastrophe. Le décalage est limité à trois ou quatre mois. Bien sûr, nous nous engageons sur un nouveau calendrier ferme" , a-t-il ajouté.

Air France, qui a commandé 12 exemplaires de l'A380, avait indiqué, jeudi, lors de la présentation des résultats annuels du groupe Air France-KLM, qu'elle avait l'intention d'exiger le versement de pénalités. Les livraisons à la compagnie devaient initialement débuter en avril 2009. Louis Gallois s'est aussi exprimé sur les conséquences de l'euro fort pour EADS. "Bien sûr, nous devons tenir compte du dollar, a-t-il dit . C'est une charge très lourde pour notre industrie et pour sa compétitivité face à Boeing."

"Etincelles dans l'air"

"Nous avons dû prendre des décisions et nous en prendrons d'autres. Airbus doit être moins sensible aux fluctuations du dollar , a-t-il ajouté. Si nous achetons plus en dollars, c'est pour protéger le cours de nos activités en Europe. Il n'est pas question d'installer Airbus aux Etats-Unis" , a souligné Louis Gallois.

Répondant à la question des rivalités franco-allemandes au sein d'Airbus, Louis Gallois a admis que "c'est vrai qu'il y a de l'étincelle dans l'air. J'y suis très attentif" . "Mais chacun doit veiller à ne pas en rajouter. Or, j'ai l'impression que certains, à Toulouse, en rajoutent. Arrêtons ces débats stériles qui créent un climat détestable !", a-t-il affirmé.

Evoquant les difficultés rencontrées par le programme d'avion de transport militaire A400M et d'éventuels nouveaux retards, Louis Gallois a précisé qu'"un premier vol pour cet été est toujours notre objectif, même s'il est tendu" . Vendredi, à Paris, le titre EADS a reculé de 4,36 pc à 14,92 €, dans un marché français en nette baisse, comme les autres places boursières européennes.