Le front commun syndical demandait à ne pas accepter l'ouverture des magasins de 7 à 22h et des avantages pour les employés mis sous pression depuis le confinement.

A l'issue samedi d'une réunion de concertation entre les syndicats de la grande distribution et Comeos, la fédération du commerce et des services, le front commun syndical a annoncé qu'aucun accord "digne de ce nom" n'avait été trouvé entre les deux parties sur les revendications des représentants du personnel. Les négociations vont dès lors se poursuivre enseigne par enseigne.

Les organisations syndicales demandaient aux grandes enseignes de fermer les super et hypermarchés plus tôt le soir et de mettre en place un système de rétribution pour le personnel (primes, journées de congé supplémentaires, récupérations) dont la charge de travail a explosé depuis les mesures de confinement imposées à la population.

La colère du personnel "pas suffisamment prise au sérieux"

"Après plusieurs tentatives de négociation, nous avons dû constater l’impossibilité de conclure au niveau sectoriel un accord digne des efforts que fournissent chaque jour nos travailleurs au péril de leur santé. La mesure de la colère et du risque encouru chaque jour par les travailleurs du secteur ne semblent pas être prise suffisamment au sérieux", peut-on lire dans le communiqué du front commun.

"La proposition de Coméos n’est pas suffisante", estiment les syndicats. La fédération du commerce et des services n'a pas voulu se joindre à une recommandation conjointe vers l’ensemble des entreprises du secteur, "les invitant à envisager des fermetures plus tôt, des fermetures du dimanche et ce afin de permettre aux travailleurs de souffler et sans perte de salaire. De même, sur la possibilité d’ouvrir de 7h à 22h, si le secteur assure ne pas être demandeur, il est aujourd’hui impossible d’envoyer un signal commun vers le gouvernement pour demander le retrait de cette mesure".

Des jours de congé en plus, aussi pour les travailleurs de l'ombre

Concernant l'octroi de jours de congés complémentaires pour le personnel, la proposition de Comeos n’inclut pas toutes les entreprises de l’alimentaire ni les grandes entreprises de vente au détail qui restent ouvertes. Inacceptable pour les syndicats, tout comme celle de n'accorder des jours de congé extralégaux supplémentaires qu’aux membres du personnel qui sont en contact avec le public. Pour le front commun, "tous les travailleurs des magasins en front ou en back office doivent avoir droit aux mesures. Chacun prend des risques en allant travailler. À travail et risque égal, "récompense" égale", écrit-il.

Au vu de ce blocage avec Comeos, les organisations syndicales indiquent qu'elles mèneront des négociations enseigne par enseigne et ce malgré le fait que la proposition de Comeos "visait à empêcher toute autre négociation en entreprise et (comprenait) une clause de paix sociale, ce qui est clairement inacceptable pour nous".

Avertissement aux employeurs

"Encore une fois, nous devons déplorer l’incapacité de la fédération patronale et des employeurs à solutionner au niveau du secteur les questions et défis qui pourtant frappent chaque travailleur et chaque entreprise de la même manière. Quand le social est enjeu de concurrence, c’est le travailleur qui paie. Dès lundi, dans chaque entreprise, le social sera à l’agenda. La gronde sociale est présente. Un employeur averti en vaut deux", conclut le communiqué du front commun de la grande distribution.